Mercredi 11 décembre 2019

Tous les chemins mènent à Chirico

Le Journal des Arts

Le 18 décembre 1998 - 424 mots

Alors qu’on commémore le vingtième anniversaire de la mort de Giorgio de Chirico, la demeure romaine où il vécut de 1947 à 1978 vient d’être transformée en musée, conformément aux volontés testamentaires de sa femme Isabella. À l’instar du Musée Gustave Moreau, à Paris, l’aménagement original de la maison-atelier a été conservé et enrichi d’une quarantaine d’œuvres du peintre.

ROME (de notre correspondante) - “Il y avait une maison à louer place d’Espagne, avec deux étages et une grande terrasse dominant tout Rome, écrit Giorgio de Chirico dans ses Mémoires. J’ai contacté le propriétaire pour la louer et, avec son accord, je me suis précipité pour occuper les lieux, en faisant apporter mon lit dans une des pièces. Il paraît que Rome est le centre du monde, et la place d’Espagne, le centre de Rome. Ainsi, ma femme et moi habiterions au centre du centre du monde, ce qui serait le comble en terme de “centralité” et le comble de l’anti-excentricité”.

Les travaux de restauration du bâtiment et de transformation en maison-atelier – comme le Musée Gustave Moreau à Paris ou le Palais Fortuny à Venise – ont été entrepris par la Fondation Giorgio et Isabella de Chirico. L’aménagement original des pièces a été conservé. Au deuxième étage, à côté de la chambre, l’atelier a été remis en état, avec ses palettes et ses tubes de peinture, ses moulages en plâtre, ses modèles en bois, ses livres d’art, ses photographies et quelques objets personnels.

Une quarantaine de peintures, sculptures, dessins et gravures ont été sortis des réserves de la Fondation pour être exposés de manière permanente. Le visiteur pourra notamment voir des œuvres néoclassiques postérieures aux années vingt, comme l’Autoportrait en costume rouge, un portrait d’Isabella, peint en 1934 ou le Salut d’Hector et Andromaque. Sont également bien représentées les années cinquante et soixante, où Chirico retourne à ses premiers thèmes métaphysiques avec une symbolique nettement surréaliste, et où il expérimente la sculpture en transposant dans le bronze poli et doré le même répertoire iconographique. Enfin, plusieurs de ses natures mortes décorent la salle à manger.

Pour clore la commémoration du vingtième anniversaire de la mort de l’artiste, la Fondation réimprime aussi les Mémoires de ma vie (éditions Bompiani) et sort un roman inédit, Monsieur Dudron (éditions Le Lettere). La publication d’un recueil de poèmes inédits de Giorgio de Chirico est également en cours.

Museo Giorgio de Chirico, Piazza di Spagna 31, Rome, du lundi au samedi 10h-13h. Réservation obligatoire au 39 06 679 65 46, visite guidée obligatoire par groupe de 10 personnes.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°73 du 18 décembre 1998, avec le titre suivant : Tous les chemins mènent à Chirico

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