Samedi 24 février 2018

Toulouse voit plus grand

Travaux à la Fondation Bemberg et au Musée des Augustins

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 8 février 2008

Située au cœur de Toulouse, la Fondation Bemberg vient d’inaugurer quatre nouvelles salles, consacrées notamment à l’art du XVIIIe siècle. De son côté, le Musée des Augustins attend que des budgets soient votés par l’État pour lancer ses grands travaux de rénovation, préparés depuis 1995. Établi dans l’ancien couvent des Augustins, le musée connaît en effet de graves problèmes de circulation, de scénographie et manque d’espace.

TOULOUSE - Installée depuis 1995 dans l’hôtel d’Assézat, à Toulouse, la Fondation Bemberg – du nom du collectionneur Georges Bemberg – vient d’ouvrir quatre nouvelles salles, suite au rachat par la municipalité de bâtiments contigus. Cet espace permet au collectionneur de présenter 140 œuvres inédites – venant s’ajouter aux 120 déjà exposées –, notamment des pièces du XVIIIe siècle français, époque jusque-là quasi absente : six tableaux de Nicolas Lancret, Jean-Baptiste Pater, François Boucher et Hubert Robert, du mobilier estampillé Beneman, Weisweiler, Georges Jacob, Leleu, ou Molitor, et des objets d’art telle une paire d’appliques du célèbre modèle “au canon” attribué à l’architecte François-Joseph Belanger. Parmi les autres nouveautés figurent un magnifique Hercule à la cour d’Omphale (1537) de Lucas Cranach, le Saint Jérôme de Joachim Patinir (XVe siècle) – tableau fétiche du collectionneur, ainsi que, pour la partie XIXe-XXe, des tableaux et dessins signés Rouault, Pissarro, Signac ou encore un Portrait de jeune homme de Picasso, traité au crayon et au pastel. “Au début, l’acquisition d’œuvres se fait au hasard, puis on prend le hasard par la main”, explique Georges Bemberg qui a acquis, au total, 34 œuvres de Pierre Bonnard, regroupées aujourd’hui dans une nouvelle scénographie.

Situé non loin de la Fondation, le Musée des Augustins doit, quant à lui, subir d’importantes opérations de rénovation et son parcours être entièrement repensé. Les travaux effectués de 1975 à 1981 n’avaient en effet résolu aucun des problèmes que rencontre le musée, à savoir “une répartition des œuvres illogique, une circulation incohérente avec ces lourdes portes qui séparent les espaces et que les visiteurs n’osent pas pousser, le fait qu’aucune salle ne soit au même niveau que l’autre et un accueil totalement exigu”, indique Axel Hémery, conservateur du patrimoine.

Un grand projet de rénovation
Par ailleurs, dans les salles d’exposition du premier étage, il est impossible de faire entrer une œuvre supérieure à 2,93 mètres de diagonale, ce qui oblige les responsables à organiser les expositions temporaires à l’intérieur même de l’église du couvent, solution moyennement satisfaisante. À cela s’ajoutent, pour certaines salles, des problèmes de conservation liés essentiellement à la régulation thermique, le musée n’étant pas climatisé. “Ce n’est pas dans les conditions actuelles que l’on peut garantir la conservation des œuvres à long terme”, précise Alain Daguerre, son conservateur en chef  depuis 1995. Dès son arrivée, il a lancé un projet culturel de rénovation et de réaménagement du musée, voté en conseil municipal en 1997 et suivi d’une étude de programmation, validée par la mairie en 1999. “C’est une étape que nous avons voulu longue, car elle est décisive pour l’aboutissement du projet”, souligne-t-il. Actuellement, la ville de Toulouse est en discussion avec l’État pour la signature d’une convention. Une fois le programme architectural et technique voté, “il faut espérer, au mieux, que le concours d’architecte sera lancé en 2002”. L’architecte désigné devra ensuite relever le défi que représente l’aménagement d’un tel édifice avec son église, ses deux cloîtres, ses chapelles et différentes salles. Le budget est estimé à 110 millions de francs, même si certaines opérations risquent de réserver des surprises, comme les fouilles archéologiques qui devront être menées au sous-sol avant d’accueillir les réserves. Afin d’agrandir le lieu, la construction d’une aile donnant sur la rue de Metz est également prévue. Les nouveaux espaces représenteraient une superficie d’environ 2 500 mètres carrés, soit 30 % de surface supplémentaire. Quelque 500 œuvres – qui se trouvent actuellement dans les réserves, et “qui mériteraient amplement d’être exposées”, selon Alain Daguerre – pourraient ainsi prendre place dans le musée, lequel abrite au total 4 000 œuvres dont seulement un dixième est montré au public.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°133 du 28 septembre 2001, avec le titre suivant : Toulouse voit plus grand

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