Mercredi 18 septembre 2019

Musée

Projet architectural

À Reims, le Musée des beaux-arts tient son projet

Par Francine Guillou · Le Journal des Arts

Le 5 septembre 2019 - 648 mots

REIMS

Les architectes Francisco et Manuel Aires Mateus ont été désignés pour restructurer l’ancienne abbaye Saint-Denis.

Reims. À défaut de David Chipperfield au Boulingrin, Aeres Mateus à l’abbaye Saint-Denis : le projet de Musée des beaux-arts de Reims, brutalement arrêté en 2014 (lire le JdA no 422, 31 oct. 2014), est de nouveau sur les rails après la désignation, le 15 juillet, de l’agence portugaise d’architectes dirigée par les frères Francisco et Manuel Aires Mateus.

Choisi parmi 104 projets soumis au concours d’architecte, le projet lauréat vise à rénover et étendre l’actuel bâtiment du Musée des beaux-arts. Pourvu d’une enveloppe budgétaire de 45 millions d’euros, le chantier s’annonce de grande ampleur avec un calendrier s’étirant jusqu’à la fin de l’année 2023.

Il s’agit de mettre aux normes de conservation et de sécurité un bâtiment complexe, l’abbaye Saint-Denis. L’édifice, largement détruit à la Révolution, conserve des éléments du XVIIIe siècle classés et inscrits au titre des monuments historiques. Il a été largement reconstruit au XIXe siècle, utilisé comme entrepôt et garnison jusqu’à accueillir le musée à son ouverture en 1913. « Le projet propose de redessiner les anciens cloîtres de l’abbaye dans un geste unique et clairement contemporain dans son dessin », annoncent les architectes dans leur note d’intention au vocabulaire très imagé. Le projet, qui conserve les différents corps de bâtiment en les modifiant le moins possible, leur adjoint une extension tracée en ceinturant les jardins existants, à l’image du cloître que fut l’abbaye avant le XIXe siècle, extension contenue dans les limites d’un îlot urbain à proximité immédiate de la cathédrale, classée par l’Unesco depuis 1991. Ce nouveau « mur d’enceinte », ceinturant le jardin actuel du musée, devrait faire office de sas entre la ville et le musée. « Le projet a recueilli une très large adhésion », le jury estimant qu’il « s’intégrait très bien dans l’histoire du lieu », indique Pascal Labelle, l’adjoint à la culture et au patrimoine de la Ville de Reims.

Grâce à cette extension et à l’utilisation des espaces situés sous combles et en sous-sol et libérés par le déménagement des collections vers des réserves externalisées (lire le JdA no 522, 26 avril 2019), le musée totalisera près de 7 000 mètres carrés de surface utile, dont 1 000 pour l’accueil, 3 500 pour l’exposition permanente et 675 pour les expositions temporaires. Avec un auditorium de 250 places, des ateliers pédagogiques et un centre de documentation-bibliothèque, une boutique-librairie et un café, le musée aura les moyens de présenter de manière cohérente ses collections et d’accueillir confortablement ses visiteurs. Surtout, la donation Foujita disposera enfin des 250 mètres carrés nécessaires à son exposition. « Le dialogue avec les architectes commencera en septembre », explique Catherine Delot, directrice du Musée des beaux-arts de Reims, qui s’apprête à lancer une politique de prêts et de dépôts d’œuvres dans les musées français, et d’expositions à l’étranger, au Japon et en Chine notamment, au cours des quatre prochaines années.

Une livraison attendue en 2023

La municipalité ambitionne de tripler la fréquentation du musée : avec 36 000 visiteurs accueillis en 2018, le musée est largement dépassé par son voisin direct, le palais du Tau (géré par le Centre des monuments nationaux) et ses 90 000 visiteurs annuels, sans parler du 1,4 million de personnes venues admirer les tympans de la cathédrale. À la Ville, on espère bien faire du nouveau musée un atout dans le projet plus global de redynamisation du centre historique de Reims.

Le 22 septembre, le musée rémois fermera ses portes, après une semaine de festivités. En 2020 débutera le déménagement des collections dans les réserves externalisées fraîchement inaugurées. Dans le périmètre ultra-protégé de la cathédrale Notre-Dame, le permis de construire sera regardé et étudié à la loupe : « Nous sommes très confiants, le projet est respectueux des perspectives et du patrimoine existant », estime Pascal Labelle. Une fois validés, les travaux pourront commencer à l’horizon 2021 pour une livraison espérée en 2023.

 

 

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°528 du 6 septembre 2019, avec le titre suivant : À Reims, le Musée des beaux-arts tient son projet

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