Monument

Carnoët (22)

Par tous les Saints… bretons

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 27 juin 2018 - 433 mots

Il y a dix ans, le projet fou de Philippe Abjean en a fait sourire plus d’un. Il en a aussi agacé d’autres et a globalement suscité la surprise, voire l’incrédulité.

La Vallée des Saints à Carnoët.
La Vallée des Saints à Carnoët.
Photo Patrick Delance

En 2008, ce professeur de philosophie atypique, également à l’origine du revival du pèlerinage historique du Tro Breiz, décide de créer dans le Centre Bretagne un endroit unique en son genre : la Vallée des Saints. Le parc de sculptures à ciel ouvert, voulu conceptuellement à mi-chemin entre l’île de Pâques et Carnac, est implanté dans le petit village de Carnoët, dans les Côtes-d’Armor. Le site, une motte castrale verdoyante bordée par une jolie chapelle et une source réputée miraculeuse, devient alors l’écrin de sculptures monumentales représentant les saints venus d’outre-Manche aux Ve et VIe siècles pour évangéliser l’Armorique. Au fil des ans, ces statues-menhirs, hautes de 4 à 5 m et taillées uniquement en granit breton, prennent progressivement possession de ce paysage vallonné. Au commencement de cette aventure humaine, spirituelle et culturelle, ils n’étaient en effet qu’une poignée : les sept saints fondateurs.

Vue aérienne de la Vallée des Saints, à Carnoët.
Vue aérienne de la Vallée des Saints, à Carnoët.
Photo Olivier Roux

Dix ans plus tard, ils sont déjà cent. Et, à terme, l’association espère atteindre le millier. Un chiffre qui ne semble pas si déraisonnable que cela, compte tenu de l’engouement populaire et touristique pour cet endroit inclassable, qui a déjà attiré plus d’un million de passionnés et de curieux. Par ailleurs, le projet a bénéficié du soutien de 40 000 donateurs. Chaque statue est ainsi financée par des mécènes, par exemple des communes souhaitant honorer leurs patrons ou des familles soucieuses de perpétuer les traditions locales. Une fois la somme réunie, le mégalithe est sculpté en public sur le site, à l’exception du centième géant qui a réalisé un étonnant périple afin de fêter à la fois ce chiffre symbolique et le dixième anniversaire du parc de sculptures. Saint Piran a ainsi été taillé dans les Cornouailles britanniques, avant de prendre la mer à bord de la Nébuleuse, un ancien thonier. Le 12 mai, le géant a fait une entrée festive et remarquée dans le port de Paimpol, première étape d’un long voyage à travers la Bretagne. Avant de retrouver ses confrères, Malo, Corentin ou encore Nolwenn et Énora, Piran effectue plusieurs haltes sur le territoire. Après un passage à la gare de Guingamp, il devrait assister au passage du Tour de France et même au festival des Vieilles Charrues à Carhaix. Après cet intermède musical, il devrait rejoindre la Vallée des Saints à bord d’une charrette tirée par des chevaux et escortée par des motards. Son arrivée à Carnoët, le 27 juillet, sera accompagnée de nombreuses festivités.

Thématiques

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°714 du 1 juillet 2018, avec le titre suivant : Par tous les Saints… bretons

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque