Saint-Etienne

Nouvelle capitale du design ?

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 22 septembre 2006

Les travaux de la Cité du design viennent d’être lancés. Sans que le flou autour de son projet culturel ne soit totalement dissipé.

SAINT-ÉTIENNE - « J’ai obtenu que les élections municipales, prévues en 2007, se tiennent finalement en 2008 pour que les travaux de la Cité du design puissent être achevés avant la fin de mon mandat ! », rétorque en plaisantant Michel Thiollière, sénateur maire (UMP) de Saint-Étienne (Loire), à ceux qui douteraient de la pertinence du calendrier des travaux tel qu’il a été annoncé le 6 septembre. Dix-huit petits mois sont en effet prévus pour la transformation des bâtiments de l’ancienne manufacture d’armes et la construction de la « Platine », l’élément principal du projet des architectes berlinois Finn Geipel et Giulia Andi (agence LIN), désignés lauréats du concours en 2004. Cet édifice d’une surface de 7 000 mètres carrés, conçu avec une enveloppe photosensible qui évoluera au gré de la luminosité extérieure, s’étirera en contrebas des bâtisses historiques du site. Il sera surplombé par la grande tour-belvédère, érigée en grande pompe comme symbole du démarrage du chantier, et qui demeurera après l’ouverture tel le phare de la Cité. Cet assemblage de tubes métalliques de vingt-huit mètres de hauteur, d’une esthétique d’échafaudage peu convaincante, aura requis l’utilisation de cent vingt-cinq tonnes d’acier et coûté la bagatelle de 2,3 millions d’euros – soit, aux dires des spécialistes, le prix d’une crèche –, sur un coût d’objectif total de 35 millions d’euros, financés à hauteur de 6,3 millions par l’État et de 7,5 millions par le fonds européen Feder.
Quant au contenu du projet de la Cité du design, le flou ne semble pas être encore totalement dissipé. Nommée à la tête de l’institution en septembre 2005, Elsa Francès (designeuse et ancienne directrice du design chez Thomson après avoir été membre de l’équipe du Tim Thom mise en place par Philippe Starck au sein de l’entreprise) a certes constitué une équipe de 25 personnes et pris en charge l’édition 2006 de la Biennale de design de Saint-Étienne, qui se tiendra du 22 novembre au 3 décembre. Mais, si l’installation de l’école des beaux-arts sur le site est confirmée pour la rentrée 2007-2008, rien de concret n’est en revanche annoncé concernant les activités futures de la Cité. Celle-ci aura vocation à « tisser des réseaux internationaux », en devenant un lieu d’échanges et un pôle d’expertise rassemblant tous les acteurs du design, qu’ils soient issus du monde économique ou de la sphère culturelle. Elsa Francès a par ailleurs tenu à préciser que la Cité n’avait pas pour rôle d’intégrer les autres structures existantes en matière de design, notamment le Centre de design de Rhône-Alpes (CDRA), avec lequel des projets communs ont d’ores et déjà été engagés.
Si Michel Thiollière affiche l’ambition de faire de la cité stéphanoise la capitale du design, il a par ailleurs confirmé que ce projet s’inscrivait dans la logique d’une candidature de la ville pour l’obtention du label « Capitale européenne de la culture » en 2013.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°243 du 22 septembre 2006, avec le titre suivant : Nouvelle capitale du design ?

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