À Milan, un projet bloqué

Le Journal des Arts

Le 22 mars 2002

Depuis 1985, la pinacothèque de Brera, à Milan, attend la réalisation d’un projet d’extension, la \"Grande Brera\", imaginé dès les années 1970. Après avoir débutés, les travaux ont été bloqués par la récente opposition de Vittorio Sgarbi, sous-secrétaire italien aux Biens culturels.

MILAN (de notre correspondante) - La polémique sur le projet de la “Grande Brera”, l’extension de la galerie Brera à Milan, suit son cours : trente ans après l’acquisition par l’État du Palazzo Citterio dans le but d’augmenter les surfaces d’exposition de la pinacothèque milanaise, le programme, mis en œuvre à plusieurs reprises, a été à nouveau freiné à la suite d’une décision de Vittorio Sgarbi, sous-secrétaire d’État aux biens culturels. Conçu par James Stirling en 1987, le projet a été modifié par Michael Wilford & Partners à la mort de l’architecte en 1995. Certains de ses éléments ont été jugés “intolérables” par Vittorio Sgarbi et également, selon lui, par d’autres, telle l’Association des amis de Brera, qui avait pourtant signé en février 2000 une convention avec l’ancienne ministre de la Culture, Giovanna Melandri. Si aucun responsable de la Surintendance pour le patrimoine artistique ni aucune voix du monde de la culture milanaise ne se sont élevés contre cette attitude, le président de l’Association des amis de Brera, Ennio Brion, souhaite toutefois rencontrer Vittorio Sgarbi pour “approfondir le sujet en raison de la superficialité avec laquelle il a été examiné. Cette situation mérite une analyse expliquant pourquoi le projet a été arrêté pendant douze ans”.

Quant à Pietro Marani, spécialiste de Léonard de Vinci, il remarque qu’”à la fin des années 1980, le projet répondait à certaines exigences. Milan a été privée d’un lieu qui avait un sens précis : désormais, il convient de s’interroger sur la validité de ce programme relégué aux oubliettes”. C’est au début des années 1970 que le surintendant Franco Russoli a imaginé de réunir la pinacothèque et le palais Citterio, par le jardin botanique situé entre les deux édifices. Le programme n’a vu le jour qu’en 1986, mais a subi aussitôt une série de critiques jusqu’à ce qu’un accord soit conclu en 1995. La décision de Vittorio Sgarbi risque ainsi de différer l’exécution d’un projet que les Milanais semblent attendre depuis longtemps.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°145 du 22 mars 2002, avec le titre suivant : À Milan, un projet bloqué

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