Les musées vénitiens accomplissent leur mutation (part I)

La Ca’ Rezzonico rouvre enfin

Le Journal des Arts

Le 11 février 2008

Alors que l’on ne comptait plus à Venise les institutions en cours de restauration, le Musée du Settecento vénitien à la Ca’ Rezzonico a resurgi des flots au début de l’été. Après une dizaine d’années, les Guardi, Longhi et autres Tiepolo sortent de l’ombre tandis qu’une collection privée, riche de 300 œuvres, les rejoindra au mois d’octobre.

Alors que l’on ne comptait plus à Venise les institutions en cours de restauration, le Musée du Settecento vénitien à la Ca’ Rezzonico a resurgi des flots au début de l’été. Après une dizaine d’années, les Guardi, Longhi et autres Tiepolo sortent de l’ombre tandis qu’une collection privée, riche de 300 œuvres, les rejoindra au mois d’octobre.

VENISE (de notre correspondante) - Vingt ans après son lancement et grâce à quelque 23 milliards de lires (78 millions de francs) alloués par la “loi spéciale de Venise”, le projet de réhabilitation de la Ca’ Rezzonico a enfin été mené à bien. Outre la rénovation de la totalité de l’édifice et la restauration de nombreuses œuvres, le musée s’est muni de nouveaux services (cafétéria, librairie...) et de systèmes de sécurité. Les fresques de la salle de bal réalisées par Pietro Visconti et Giambattista Crosato ainsi que le cycle de Giandomenico Tiepolo, autrefois à la villa Zianigo à Mirano, ont également retrouvé leur éclat d’antan grâce au financement de la Venice International Fondation (lire le JdA n° 114, 3 novembre 2000). Le programme de réfection du palais, décidé en 1978, avait été reporté jusqu’en 1994 faute de moyens, puis régulièrement interrompu par de grandes expositions telles “Splendeurs du Settecento vénitien” en 1995, “Giambattista Tiepolo” en 1996 ou encore “Le monde de Giacomo Casanova” en 1998. Siège de tous les fastes, ce palais édifié à partir de 1649 sur un projet de Baldassare Longhena – également architecte de Santa Maria della Salute – a accueilli toute l’aristocratie vénitienne après qu’un membre de la famille Rezzonico eut été élu pape sous le nom de Clément XIII (1758-1769). Dans les années 1810, lorsque Venise était sous domination étrangère, le palais n’a cessé de changer de propriétaire. Enfin, en 1935, il est revenu à la ville de Venise. Il n’y avait guère dans la cité des Doges de lieu plus adapté pour abriter le Musée du Settecento vénitien, fondé en 1936. La muséographie, inchangée depuis cette date, présente des œuvres de Tiepolo, Guardi et Longhi dans une demeure patricienne typique avec son mobilier du XVIIIe siècle. Dès le mois d’octobre, les collections du musée s’enrichiront de la donation d’Egidio Martini. Quelque 300 œuvres (Tiepolo, Ricci, Diziani, Guardi, Rosalba Carriera, etc.) occuperont ainsi les troisième et quatrième niveaux de la Ca’ Rezzonico.

- Museo del Settecento Veneziano di Ca’ Rezzonico, Dorsoduro 3136, Venise, tél. 39 041 241 01 00, tlj sauf mardi 10h-18h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°132 du 14 septembre 2001, avec le titre suivant : Les musées vénitiens accomplissent leur mutation (part I)

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