Mercredi 21 février 2018

Le renouveau de Leipzig

Le Journal des Arts

Le 23 janvier 2008

Après le bombardement de son musée en 1943, la ville de Leipzig a décidé d’inaugurer un nouveau bâtiment soixante ans jour pour jour après la catastrophe. Confié à une agence berlinoise en 1997,
le projet semble toutefois avoir pris du retard.

LEIPZIG - Le 4 décembre 1943, l’Augustusplatz de Leipzig et son Musée des beaux-arts disparaissaient sous les bombardements. En 1997, l’agence berlinoise Hufnagel, Pütz, et Rafaelian remporte le concours pour la construction d’un nouveau bâtiment avec un projet de cube en béton enveloppé de verre. “Nous avons décidé d’ouvrir le musée le même jour, un 4 décembre, soixante ans plus tard”, a déclaré Hans-Werner Schmidt, responsable depuis l’été 2000 de l’organisation provisoire du musée. En effet, le jour symbolique du 4 décembre 2003 devrait faire date dans l’histoire de Leipzig. Pourtant, les délais semblent déjà compromis. “Les retards dans les travaux nous privent de l’intervalle nécessaire entre le déménagement et l’ouverture. Or, il faut prévoir une période suffisante pour aménager 7 500 mètres carrés sur quatre étages”, explique Hans-Werner Schmidt, dont la famille a soutenu en 1837 la formation d’un des cercles artistiques de la ville. Le musée compte quelque trois mille tableaux, neuf cents sculptures, un important ensemble de dessins et de gravures, ainsi que la collection d’un marchand de Munich, Alfred Gunzenhauser, qui occupera six salles, “constituant une unité indépendante” en son sein. Enthousiaste, Hans-Werner Schmidt approuve le projet d’ensemble du bâtiment : “C’est un cube de béton de grandes dimensions, avec des saillies et des découpes pour les terrasses et les cours – que l’on pourrait comparer à une sculpture de Chillida.” Toutefois, certains détails muséographiques avaient provoqué des désaccords entre le directeur et l’agence qui avait prévu une hauteur sous plafond de 8,5 mètres pour les trois salles d’expositions temporaires. Afin que les œuvres d’art de petit format ne soient pas perdues dans ce volume, un voile de gaze réduira de moitié, lorsque cela sera nécessaire, la hauteur sous plafond. Le directeur s’est également opposé à l’embellissement de la cage d’escalier avec des matériaux nobles. Toutefois, Hans-Werner Schmidt ne veut pas donner trop d’importance à de tels désaccords et préfère attirer l’attention sur d’autres faits : “la construction du Musée de Leipzig rappelle le conflit fondamental entre l’intention de faire quelque chose d’utile et le système architectural, la réalisation même de l’édifice”. En attendant, l’ouverture à la date prévue relève du tour de force.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°148 du 3 mai 2002, avec le titre suivant : Le renouveau de Leipzig

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