Mercredi 29 janvier 2020

Musée

Le Musée d'Art Ludique va fermer ses portes

Par Bénédicte Gattère · lejournaldesarts.fr

Le 29 novembre 2017 - 433 mots

PARIS [29.11.17] - Situé au rez-de-chaussée de la Cité de la mode et du design, le musée d'Art Ludique proposait depuis 2013 des expositions en lien avec la bande dessinée et le jeu vidéo. La justice vient d’ordonner son expulsion en raison de loyers impayés.

Le Musée d'Art Ludique durant l'exposition consacrée à Pixar
Le Musée d'Art Ludique durant l'exposition consacrée à Pixar
Photo Michel Souris, 2014

L'aventure du Musée d'Art Ludique, qui se présente comme le premier musée en France consacré à la culture de « l'entertainment » va bientôt toucher à sa fin. La justice vient d’ordonner son expulsion des locaux qu’il occupe au 34 quai d’Austerlitz pour cause d'arriérés de loyers impayés s'élevant à 600 000 euros.

Jean-Jacques Launier, son fondateur, justifie cependant ces impayés pour cause de non-respect du contrat de location par le propriétaire, la Caisse des Dépôts. Le musée avait assigné son propriétaire en justice cet été. Jean-Jacques Launier évoque des « promesses non tenues » de la part de ce dernier, ainsi que le rapporte Le Parisien.

Le maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet (PS), a pour sa part exprimé sa tristesse de voir le lieu fermer, saluant « le travail formidable de ce musée » ajoutant qu' « il faudrait un médiateur », car « il ne faut pas que cette histoire s'arrête ».

Depuis 2015, le musée connaît des difficultés financières. Avec un effectif de treize salariés et un tarif plein à un peu plus de 16 euros, le musée ne parvient cependant pas à rentrer dans ses frais. Musée privé, et sans subventions, le musée d'Art Ludique est tenu par un couple de passionnés, Jean-Jacques et Diane Launier. Ils avaient dans un premier temps ouvert une galerie sur l'île Saint-Louis, Arludik, en 2003. Ils y présentaient le travail d'illustrateurs tels que Moebius ou Glen Keane, des studios Disney. Afin de financer le projet de musée, ils contractent des prêts à hauteur de plusieurs millions d'euros auprès des banques. Les Launier y ont eu recours car « aucune institution culturelle française n’a voulu entendre parler d'[eux] ». Ils trouvent cependant du soutien auprès de la Compagnie des Alpes, propriétaire du parc Astérix et du Musée Grévin.

L'exposition inaugurant le lieu, « Pixar, 25 ans d'animation », avait auparavant été présentée par le Museum of Modern Art (MoMA) de New York. En quatre ans, le musée a tout de même attiré 1,2 million de visiteurs avec environ 150 000 visiteurs par exposition.

Pour l'heure, le public peut encore venir voir l'exposition « L'Art de DC – L'aube des super-héros », conçue en partenariat avec DC Entertainment Warner Bros Consumer Products, la société de production américaine qui détient DC Comics. Elle se tiendra aux Docks jusqu'au 7 janvier, jour prévu de l'expulsion du musée.

Thématiques

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque