Mardi 11 décembre 2018

Rénovation

Le Met se replonge dans l’Antiquité

Le Journal des Arts

Le 30 juillet 2007 - 776 mots

Le musée new-yorkais a réaménagé ses salles d’art grec et romain riches de près de 5”¯000 pièces.

NEW YORK - Le Metropolitan Museum of Art (Met) de New York a ouvert le 20 avril ses nouvelles galeries d’art grec et romain, achevant ainsi quinze années de rénovation de ses espaces dédiés aux antiquités méditerranéennes. Le projet a permis de rendre désormais visible 5 300 objets issus de la plus complète des collections d’art classique d’Amérique du Nord, constituée pour sa majeure partie après la création du musée en 1870, mais dont la plupart des pièces avaient été mises en réserve depuis longtemps. La totalité de l’aile sud du musée bordant la 5e Avenue a été construite entre 1912 et 1926 pour abriter les collections grecques et romaines, mais en 1949, un nouveau directeur, Francis Henry Taylor, a transformé la cour centrale des sculptures en restaurant et y a ajouté une mezzanine pour les bureaux. « Il a tout simplement détruit ce qu’avaient fait ces prédécesseurs », commente Carlos Picón, le conservateur en charge du département d’art grec et romain. « Nous y avons perdu la moitié de notre espace et cette amputation a signé la mort du département pendant 50 ans », poursuit-il, précisant que les deux tiers des collections ont alors été mises en réserve. À son arrivée en 1990, le dossier principal de Carlos Picón a concerné le réaménagement de cette aile. Une suite de galeries dédiées à l’art grec primitif et chypriote avaient déjà été réinstallées au cours de la décennie précédente. L’ensemble est désormais complété par les galeries hellénistiques, romaines et étrusques. Selon le musée, le budget global du projet s’élève à 220 millions de dollars (147 millions d’euros), dont 142 millions pour la seule reconfiguration des salles grecques et romaines, et 50 millions pour la rénovation du Centre d’éducation Uris et des galeries islamiques, situées elles aussi dans cette aile méridionale. La ville et l’État de New York y ont contribué conjointement à hauteur de 17,6 millions de dollars.

Cour des sculptures
Le cœur de cette nouvelle aile est occupé par le péristyle de la cour des sculptures. Avec sa nouvelle voûte de verre, son pavement de marbre et ses imposantes colonnes, cet atrium sur deux niveaux est devenu l’un des espaces le plus impressionnant du musée. Autour de la fontaine centrale se dressent deux douzaines de colonnes hellénistiques monumentales et des statues romaines, dont le Dionysos Hope du Ier siècle – la première acquisition de Carlos Picón, du nom du collectionneur britannique Thomas Hope qui l’acquit en 1 796 –, deux statues flaviennes représentant Hercule et offertes au musée en 1903, un rare garçon en bronze, à taille humaine, de l’époque augustéenne, acquis en 1914. S’y trouvent, par ailleurs, deux douzaines de bustes romains incluant des portraits d’Auguste, Caligula et Antonin le Pieux.
Comme plusieurs autres galeries de cette aile, la cour des sculptures a été nommée en hommage à Shelby White et son dernier époux Leon Levy, donateurs de 20 millions de dollars. Le ministre italien de la Culture réclame pourtant de nombreux objets à Shelby White. Le Met a répondu que la présentation incluait environ vingt pièces données ou prêtées par le couple, mais que celles-ci n’étaient pas concernées par les demandes italiennes. Un autre généreux donateur, le styliste Bill Blass, a pour sa part légué plusieurs sculptures et casques romains et donné 26 millions de dollars.
Sept galeries thématiques jouxtent la cour sur ses trois côtés. Elles incluent des fragments architecturaux du palais de Domitien et des décors provenant de villas de Boscoreale et Boscotrecase – soit l’une des plus belles collections de peintures romaines hors d’Italie. Le trésor hellénistique contient des objets luxueux, dont seize pièces du IIIe siècle av. J.-C. en argent provenant de Morgantina (Sicile), récemment rapatriées en Italie ; elles reviendront au musée en janvier 2010 et seront remplacées avec des objets comparables prêtés par l’Italie. La galerie étrusque, située sur la mezzanine, a été dotée de balcons surplombant la cour des sculptures, Central Park et la 5e Avenue. La présentation inclut un bronze cérémoniel et un chariot en ivoire du VIe siècle avant J.-C., uniques en Amérique. La galerie d’étude contient quelque 3 400 objets de tous types, incluant la joaillerie, les verreries et les pierres dures gravées. « La collection a été complètement négligée pendant des générations faute de place », commente Carlos Picón, qui fait remarquer que, depuis son arrivée en 1990, la quasi-totalité des 17 000 objets du département ont été étudiés, photographiés, remontés et réétiquetés. Désormais, son équipe pourra se concentrer sur les expositions et l’achèvement du catalogue des verres et de sculpture romains et d’art étrusque. En octobre, le Met rouvrira les galeries Wrightsman rénovées et, en novembre, de nouvelles salles d’art océanien et américain. Un réaménagement complet de cette aile est en cours de réalisation.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°258 du 27 avril 2007, avec le titre suivant : Le Met se replonge dans l’Antiquité

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