Mercredi 14 novembre 2018

Le legs Bourdelle à Paris

Le musée du sculpteur va être repensé et réaménagé

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 18 avril 2003 - 481 mots

Le 15 juin 2002, après le décès de Rhodia Dufet-Bourdelle, fille d’Antoine Bourdelle (1861-1929), la Ville de Paris a reçu en legs l’ensemble des collections provenant des ateliers du sculpteur. Nombre de ces œuvres étaient déjà exposées dans les salles du Musée Bourdelle, à Paris, qui devrait à cette occasion être repensé et réaménagé.

PARIS - Arrivé en 1884 à Paris, Antoine Bourdelle s’installe impasse du Maine – une rue qui porte aujourd’hui son nom –, dans un quartier particulièrement apprécié des artistes, où il rencontre Dalou, Eugène Carrière, le Douanier Rousseau et Chagall. Plus de soixante ans plus tard, en 1949, est inauguré le Musée Bourdelle sur les lieux mêmes où a vécu et travaillé l’artiste, un ensemble de bâtiments avec des ateliers et des petits jardins. Après le décès en 2002 de Rhodia Dufet-Bourdelle, fille du sculpteur et directrice du musée qui lui est dévolu, la Ville de Paris est devenue légataire de l’ensemble des collections provenant de ses ateliers. Soit quelque 3 000 sculptures, plusieurs milliers de dessins, aquarelles et cartons, une centaine de pastels, 5 000 plaques de verre et 3 000 tirages papier, un fonds d’archives réunissant quantité de manuscrits, documents autographes, livres dédicacés et pièces de correspondance. Nombre de ces œuvres étaient déjà exposées au musée, qui doit être réaménagé. Avec ses immenses baies vitrées, les appartements où résidait Rhodia Dufet-Bourdelle, situés à l’intérieur des bâtiments du musée, seront notamment transformés en espaces d’exposition. Pour ce, Hélène Font, directrice des Affaires culturelles de la Ville de Paris, a nommé Juliette Laffon – jusqu’alors conservateur au Musée d’art moderne de la ville – conservateur général du Musée Bourdelle. Elle a pour mission de transformer d’ici 2004 le musée en un “lieu d’élection de la sculpture moderne et contemporaine”, incluant vidéos et installations. L’établissement s’ouvrira également à d’autres disciplines comme la musique, la littérature et la danse. Le musée a ainsi déjà reçu Carolyn Carlson, danseuse et chorégraphe, venue rendre hommage à Isadora Duncan lors de la Journée de la femme le 8 mars dernier, ou encore le Centre chorégraphique de Nantes. Par ailleurs, l’institution hérite également de l’ensemble du mobilier des années 1910 à 1950, des archives et documents photographiques de l’architecte décorateur Michel Dufet – époux de Rhodia Dufet-Bourdelle –, legs qui pourrait faire l’objet d’une présentation spéciale.
L’établissement du quartier Montparnasse n’en est pas à sa première rénovation. En 1961, l’architecte Henri Gautruche avait permis le redéploiement des plâtres monumentaux dans le grand hall, et d’autres œuvres dans la galerie avoisinante. En 1992, Christian de Portzamparc avait, pour sa part, construit une seconde extension, réunissant réserves, salles d’exposition, atelier pédagogique et salle de conférences, ce sur quatre niveaux.

Musée Bourdelle, 16 rue Antoine-Bourdelle, 75015 Paris, tél. 01 49 54 73 73, tlj sauf lundi et jours fériés, 10h-18h. De même que pour tous les musées de la ville, l’accès aux collections permanentes est gratuit.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°169 du 18 avril 2003, avec le titre suivant : Le legs Bourdelle à Paris

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