Dimanche 22 septembre 2019

Arles

Le filon Van Gogh

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 22 avril 2014 - 509 mots

La Fondation qui vient d’ouvrir après des années de préfiguration n’entend pas avoir de collection.

ARLES - L’ouverture à Arles de la Fondation Vincent Van Gogh et la refonte du Parc des Ateliers par les mécènes suisses Luc et Maya Hoffmann sont une perspective d’évolution économique attendue dans la cité de 50 000 habitants.

Dès cette année, son maire Hervé Schiavetti, ambitionne de voir le nombre annuel de visiteurs pour ses monuments et musées passer de 700 000 à un million, grâce à la Fondation Vincent Van Gogh et à ses relations tissées avec d’importantes institutions pour le prêt d’œuvres. Pour l’exposition inaugurale « Van Gogh live ! », ce sont neuf toiles du peintre néerlandais qui ont été ainsi prêtées pour le premier volet « Couleurs du Nord, couleurs du Sud », dont quatre de la période arlésienne, en particulier le célèbre tableau La Maison Jaune du Musée Van Gogh d’Amsterdam avec lequel la Fondation a signé une convention de prêts de cinq ans.

Un lieu ambitieux
Si la Fondation porte un nom célèbre, elle ne possède pas l’ombre d’une toile, ni d’un dessin de l’artiste. Le seul qu’elle détienne a été offert par Luc Hoffmann au Musée Réattu. Bien que les tableaux du peintre aient déjà été montrés à Arles, c’est la première fois qu’un lieu identifié montrera à l’année une poignée de ses toiles, tandis que des mises en perspective de sa peinture avec l’œuvre d’artistes contemporains seront proposées, comme actuellement dans le deuxième volet de « Van Gogh live ! ».
Trois années à peine auront suffi pour voir au cœur de la ville, l’hôtel Léautaud de Donines du XVe siècle, ancienne succursale de la Banque de France, se métamorphoser. Mis à disposition par la mairie, l’ancien bâtiment a été réhabilité par l’agence avignonnaise Fluor des architectes Guillaume Avenard et Hervé Schneider. N’y figure toutefois aucune trace de l’histoire de l’Association pour la création de la Fondation Van Gogh initiée en 1983 par Yolande Clergue, ni de la première partie de l’histoire de la Fondation à laquelle participa Luc Hoffmann, entré dans l’association en 1996. Pas davantage d’évocation dans « Van Gogh Live ! » qui ne montre aucune œuvre de la belle collection constituée par l’épouse de Lucien Clergue. Négligence ou parti pris ? Christine Joblet Taris, administratrice de la Fondation assure que « selon l’exposition, des pièces de cette collection seront présentées », tout en précisant que la Fondation « n’a pas pour vocation de constituer une collection. »
Si lors de l’inauguration du bâtiment, les discours d’ouverture ont salué le travail effectué par Yolande Clergue et que la collection de la Fondation porte son nom, c’est une autre histoire qui s’ouvre. Ce que préfigurait déjà la création de la fondation en 2010 et les moyens investis par Luc Hoffmann pour la construction du bâtiment (12 millions d’euros). Bice Curiger et Maja Hoffmann, qui a pris la direction de la Fondation, se connaissent bien. Elles ont déjà travaillé sur d’autres projets ensemble. À coup sûr, avec elles, Arles s’ouvre à une autre famille d’artistes.

Van Gogh Live !

Jusqu’au 31 août, Fondation Vincent Van Gogh Arles, 35 rue du Docteur Fanton, 13200 Arles
www.fondationvangogh-arles.org
ouvert tlj 11h-19h, jusqu’à 21h le jeudi

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°412 du 25 avril 2014, avec le titre suivant : Le filon Van Gogh

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