Samedi 7 décembre 2019

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Le château de Lunéville veut se réinventer

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 4 janvier 2018 - 521 mots

LUNÉVILLE

Après la première phase de réparation des dégâts de l’incendie de 2003, le palais lorrain voit l’avenir en grand.

Lunéville. Le 2 janvier 2003, un gigantesque incendie ravageait toute l’aile sud du château de Lunéville, ne laissant qu’un amas de ruines. Très attachés à « leur Versailles lorrain » les élus locaux se sont mobilisés avec l’aide de l’État pour assurer de 2005 à 2013 les travaux de reconstruction des toitures et façade et de restauration de la chapelle et de sa crypte. Les coûts, soit près de 36 millions d’euros ont été financés par les assurances (26 millions d’euros) et les pouvoirs publics.

Aujourd’hui, le Conseil général qui est devenu l’unique propriétaire du château après le rachat des parts détenues par le ministère de la Défense voudrait repenser la destination globale des lieux qui ne manque pas d’atouts. Le château de Stanislas, beau-père de Louis XV, en impose par lui-même. Dans un domaine de 20 hectares, le bâtiment constitué de plusieurs ailes, dispose de plus de 20 000 mètres carrés de surface. Fierté de la région, il est visité chaque année par plus de 100 000 visiteurs. Son emplacement aussi compte pour beaucoup et ressemble sur bien des points à Versailles. Situé à seulement vingt minutes en train de Nancy, il s’insère dans le tissu urbain de Lunéville. D’ailleurs de nombreuses associations ont investi les lieux. La ville elle-même figure parmi les dix-sept villes pilotes du programme de revitalisation des centres anciens lancé par le Gouvernement.

Le Département s’est donné trois ans pour mener la réflexion sur ce que pourrait être le « nouveau » château de Lunéville, élaborer le projet, le faire valider et préparer les actes administratifs. Il a confié à Hélène Cascaro - qui dispose d’une double expertise en marketing et en développement territorial, elle a notamment dirigé le Musée Unterlinden de 2013 à 2014 - le soin de mener cette première étape. Et ce n’est pas simple, il faut faire émerger un projet ambitieux et réaliste qui a l’aval de toutes les parties concernées, la Ville, les occupants des lieux, ceux qui l’utilisent, le Département, imaginer le statut juridique du château - Établissement public ? Groupement d’intérêt public ?
 

Équation politique

L’importante surface du bâtiment permet toutes les hypothèses : des parcours permanents, des galeries d’exposition temporaires, des services (restaurant, hôtel), des lieux de résidence pour des structures locales. Mais tout cela va coûter cher, les travaux de restauration ont seulement assuré le clôt et le couvert, et il reste beaucoup à faire dans les intérieurs. Sans compter la reconstitution des collections historiques, toiles, tapisseries faïences, dont une bonne partie a disparu dans l’incendie. Une ligne budgétaire de 100 000 euros a été ouverte en 2018 pour cela. Le projet qui se chiffre entre 50 et 100 millions d’euros doit aussi compter avec l’équation politique locale.
Mathieu Klein, le président (PS) du conseil départemental fut le challenger de Laurent Hénart (UDI) aux municipales de 2014 à Nancy. Les deux rivaux ont l’un et l’autre intérêt à donner un nouveau lustre au château, comme naturellement Jacques Lamblin le maire (Les Républicains) de Lunéville, qui a son mot à dire.

 

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°492 du 4 janvier 2018, avec le titre suivant : Le château de Lunéville veut se réinventer

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