Patrimoine

La « mission Bern », vitrine du petit patrimoine

Par Sindbad Hammache · Le Journal des Arts

Le 14 avril 2021 - 314 mots

FRANCE

France. Il aura fallu moins de cinq éditions pour que le dévoilement des 18 sites phares de la Mission Stéphane Bern devienne un rendez-vous médiatique, suivi assidûment par la presse régionale.

Pour la quatrième année consécutive, les édifices sélectionnés illustreront les tickets à gratter « Mission Patrimoine » de la Française des jeux, vendus 15 euros pièce, dont 1,76 euro est reversé à la Fondation du patrimoine.

Depuis 2018, la Mission Stéphane Bern fait un choix parmi les 2 000 monuments identifiés grâce aux signalements du grand public. Les sites retenus, souvent non protégés par un classement ou une inscription monument historique, bénéficient alors de la cagnotte de la Française des jeux. Ce sont une vingtaine de millions d’euros qui sont ainsi collectés chaque année et répartis entre les opérations programmées (18 projets phares, plus quelque 200 projets de « maillage ») : une somme qui peut paraître maigre, mais qui est allouée à des monuments n’ayant parfois pas accès aux subventions des directions régionales des Affaires culturelles et qui sont gérés par de petites communes désargentées.

La Mission apporte surtout un coup de projecteur sur un patrimoine du quotidien, loin des grands sites touristiques. Elle dope les collectes de financement participatif et valorise médiatiquement ces lieux. Patrimoine industriel (poterie de Gradignan, en Gironde [voir ill.]), rural (moulin à vent de Marie-Galante, ferme du XVIIe siècle dans la vallée de la Tarentaise, en Savoie) et mémoriel (pénitencier pour enfants de l’Îlet sur l’île de La Réunion ; poste de tir de la Cité d’Alet à Saint-Malo) sont ainsi représentés cette année aux côtés de demeures remarquables, châteaux et patrimoine religieux. Cette liste est aussi l’occasion de faire passer quelques messages : difficile de ne pas voir par exemple dans la sélection de l’église néobyzantine de Steenwerck (Nord) une réponse à la destruction récente de la chapelle XIXe du collège Saint-Paul à Lille, contre laquelle Stéphane Bern s’était élevé.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°565 du 16 avril 2021, avec le titre suivant : La « mission Bern », vitrine du petit patrimoine

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