La Légion d’honneur rendue à San Francisco

Trois années de travaux au musée

Le Journal des Arts

Le 1 janvier 1996 - 543 mots

Fermé pour travaux depuis 1992, le Musée de la Légion d’honneur de San Francisco a rouvert ses portes sur un bâtiment rénové et agrandi. Une extension souterraine a été aménagée sous la cour d’honneur, et la réorganisation des collections en commun avec le DeYoung Memorial Museum lui permet d’accueillir l’art européen et l’art ancien, qui viennent compléter sa fameuse collection de peintures françaises.

SAN FRANCISCO - Le nouveau San Francisco Museum of Modern Art et le Center for the Arts de Yerba Buena ne doivent pas éclipser la renaissance du Musée de la Légion d’honneur. Doté de nouvelles installations aux normes antisismiques, l’intérieur du musée a été entièrement rénové – pour un coût de 36,5 millions de dollars (près de 200 millions de francs) – en respectant sa disposition d’origine, qui reprend le plan de l’Hôtel de Salm, à Paris. Cependant, sous la cour intérieure, une extension souterraine a été aménagée sur deux niveaux. Elle abrite des espaces destinés aux expositions temporaires (3 900 m2), à la conservation et à la recherche, ainsi que des réserves, un café et une boutique.

Lorsque le Musée de la Légion d’honneur et le DeYoung Memorial Museum se sont regroupés sous l’appellation de Fine Arts Museum of San Francisco, en 1972, la Légion d’Honneur avait été dévolue aux œuvres françaises, à l’exclusion de toute autre école. Désormais, la totalité de l’art européen et de l’art ancien y sont exposés, tandis que le DeYoung présente l’art des Amériques et l’art d’Afrique, en attendant la construction d’un nouvel édifice d’ici l’an 2000.

Six nouvelles salles, dessinées par Edward Larrabee Barnes, entourent la cour centrale de la Légion d’honneur, dont émerge un toit vitré de forme pyramidale, "à la Pei". Réservée à la sculpture, cette cour d’honneur présente des œuvres de Picasso, jusqu’au 10 mars. Les galeries adjacentes proposent deux cent soixante œuvres sur papier de la collection Achenbach, jusqu’au 3 mars. L’espace destiné aux arts graphiques comprend un laboratoire pour la conservation du papier, des réserves, des bureaux et des salles de réunion. Soixante-dix mille feuilles ont été cataloguées, restaurées, (re)photographiées et numérisées, pour une consultation sur ordinateur.

La France à l’honneur
Les collections européennes, réunifiées, sont regroupées par écoles et déployées chronologiquement le long des dix-neuf grandes salles du musée, qui présentent également les arts décoratifs. Les salles Louis XV et Louis XVI, témoins de la francophilie propre à San Francisco, avaient brisé la symétrie du plan originel du musée : elles sont maintenant réinstallées à l’arrière du bâtiment. L’inclination pour l’art français est sensible dans les galeries de peintures, avec une paire de portraits de paysans en pied (1618-1619), par Georges de La Tour, la Partie carrée de Watteau (v. 1713), et des toiles de Fragonard, Boucher, Corot, Manet, Degas, Monet, Seurat, Cézanne, Pissarro et Renoir.

La vaste collection de sculptures de Rodin remplit la galerie centrale, semblable à une église sur trois niveaux. Parmi les autres œuvres de premier plan, le Joris de Caullerii de Rembrandt (1632), un buste de Côme de Médicis par Benvenuto Cellini, et le panneau de Rubens, Le Tribut (v. 1612). En outre, un plafond de bois sculpté du XVIe siècle originaire de l’Espagne musulmane, provenant du De Young Memorial, a été installé dans la galerie des peintures néerlandaises et espagnoles du musée.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°21 du 1 janvier 1996, avec le titre suivant : La Légion d’honneur rendue à San Francisco

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