Vendredi 22 novembre 2019

Réouverture

La faïence renaît de ses cendres

Le Journal des Arts

Le 29 octobre 2013 - 462 mots

Après dix ans de fermeture, le Musée de la Faïence de Nevers rouvre ses portes, pour mettre en lumière les arts du feu.

NEVERS - La faïence est de retour à Nevers, près de dix ans après la fermeture de l’ancien musée municipal. Les travaux ont traîné en longueur, au gré des aléas budgétaires et d’un incendie durant le chantier, mais le projet a été maintenu dans son cap originel : agrandir le musée et mettre en valeur collections et éléments architecturaux. L’architecte Benoît Crépet, choisi sur concours en 2000 a conçu un bâtiment qui lie l’hôtel Roussignhol, édifice du XIXe, les vestiges de l’ancienne abbatiale (du XIIe au XVe siècle) et les remparts médiévaux de la cité. Un site complexe, dont le dénivelé isolait quelque peu l’institution de la rue. L’architecte a fait le choix du bois pour lier les espaces, réchauffant un vestibule d’accueil grâce à un très élégant revêtement en chêne, menant au bas-côté nord de l’ancienne abbatiale, minérale et austère. L’hétérogénéité des espaces du musée a été traitée en étoile : les salles, thématiques, peuvent se visiter indépendamment. L’impression de labyrinthe est renforcée par un parcours ponctué d’escaliers et de passerelles vitrées qui révèlent tout le charme du lieu.

Scénographie épurée
Du côté de la muséographie, la sobriété est de mise : bois clairs et murs blancs laissent place aux œuvres. La faïence tient évidemment une place de choix dans le parcours : la salle qui lui est dévolue, tout en longueur, expose des pièces d’exceptions. Des débuts marqués par l’influence italienne jusqu’à la suprématie de Nevers au XVIIIe siècle, la production se renouvelle sans cesse. Le succès des manufactures de la région s’étiole au XIXe, victime d’une production où la qualité se fait moins importante que la quantité. Les faïences exposées illustrent bien ce processus, avec un accent mis sur le vocabulaire ornemental. Autre pièce clé du musée, la salle du verre émaillé, avec 290 pièces en dépôt du Musée du Louvre.
Cette production de figurines et de boîtes, restreinte dans le temps, étonne par sa minutie et sa préciosité. Pour la découvrir, il faudra encore attendre quelques temps : les éclairages sont en cours de montage. Les salons et cabinets d’époque déçoivent un peu : censés « replonger le visiteur dans l’ambiance » XVIIe et XVIIIe, il faut beaucoup d’imagination pour sentir une atmosphère dans des salles blanches et aseptisées, malgré des œuvres de qualité. Sous les combles charpentés, la salle des peintures expose en particulier de belles toiles de Gromaire, Valadon et un Picabia, volé au musée en 1974 et retrouvé en 2012, juste à temps pour l’inauguration.

Musée de la Faience

Conservateur en chef : Françoise Reginster
Architecte muséographe : Benoît Crepet
Coût du projet : 9,6 millions d’€ HT
Musée de la faïence

Légende photo

Le musée de la Faïence, Nevers. © Photo : Aït Belkacem/Musée de la Faïence.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°400 du 1 novembre 2013, avec le titre suivant : La faïence renaît de ses cendres

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