Henri Camille Danger : Le Fléau !

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 10 octobre 2013 - 356 mots

Attention Danger. Avec le terrifiant Fléau !, le Musée d’Orsay s’enrichit d’un tableau à l’iconographie subversive. Une œuvre étonnante, présentée dans l’expo « Masculin/Masculin », capable de réconcilier le public avec les peintres « pompiers ».

35 000 €
Le peintre Henri Camille Danger fait son entrée à Orsay par l’intermédiaire de la galerie Vincent Lécuyer (Paris), qui avait présenté le tableau à la Brussels Antiques and Fine Art Fair (Brafa) 2013, en même temps que La Fiancée de Bélus d’Henri- Paul Motte, toile de 1885 également acquise par le musée parisien.

Danger
Élève de Gérôme aux Beaux-Arts de Paris, Henri Camille Danger obtient le prix de Rome en 1887. De retour de la Villa Médicis en 1891, il poursuit une brillante carrière de peintre d’histoire.

Bloodywood
À qui le tour ? Une question expéditive comme une réplique de Terminator. Ces mots pourraient être ceux du colosse bodybuildé qui avance vers le spectateur armé de son gourdin herculéen. Autour de lui, une ville en ruine tachée du sang de ses victimes offre à la scène un décor hollywoodien avant l’heure. Danger ne se réfère ici à aucun épisode mythologique précis. En revanche, son allégorie guerrière pourrait faire référence à l’histoire récente, celle de la Commune, encore douloureusement présente dans le souvenir des Parisiens. Rien que pendant la Semaine sanglante, du 21 au 28 mai 1871, plus de 7 000 communards sont tombés sur les barricades.

1901
Présenté au Salon des artistes français, Fléau ! est commenté par le journaliste de L’Autorité, saisi par « le vaste géant » de M. Danger, qui, selon lui, « marche à pas tranquilles par les rues jonchées de cadavres comme un bon ouvrier qui vaque à son travail ».

Pompiers
En 2010, la rétrospective Jean Léon Gérôme officialisait le regain d’intérêt du Musée d’Orsay pour les peintres « pompiers ». Après le maître, c’est au tour des élèves actifs à l’extrême fin du XIXe siècle de faire l’objet d’une attention nouvelle. En témoigne l’achat du tableau de Danger, tout comme celui de Motte, deux représentants du style académique tardif dont la force d’expression et le mystère tordent le cou à leurs détracteurs.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°662 du 1 novembre 2013, avec le titre suivant : Henri Camille Danger : Le Fléau !

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque