Lundi 17 décembre 2018

Des faux bois à Herculanum

Des objets en bois reconstitués à 95 %

Le Journal des Arts

Le 1 janvier 1996 - 300 mots

Les célèbres bois d’Herculanum seraient faux à 95 %. Cette révélation émane du Centre national de la recherche et de la reconstruction archéologique de Pompéi, dirigé par Annamaria Ciarallo. La falsification aurait été perpétrée durant la période où Amedeo Maiuri – qui a mené des fouilles à Herculanum entre 1927 et 1961 – était à la tête de la Surintendance napolitaine. L’archéologue aurait couvert de son autorité une restauration abusive des artefacts de bois sortis des fouilles.

HERCULANUM - La reconstitution s’effectuait à partir des fragments d’objets découverts à Herculanum, complétés d’un amalgame de poussière de charbon de bois, de cire, d’huiles minérales, de bois extrait des poutres des maisons mises au jour ou d’éléments végétaux carbonisés en 79, retrouvés sur le site.

Une datation au carbone 14 ne pouvait mettre en évidence la différence entre l’élément original et l’insertion récente, mais ce type d’opération se détecte aisément lorsqu’on observe les fibres du bois. En effet, celles-ci ne correspondent pas les unes aux autres, tant du point de vue de leur essence que de leur position : même sur les pièces présentées comme originales, les veines du bois s’opposent de façon évidente.

La barque reste authentique
Tous les bois ayant été traités dès leur sortie de fouille, on mesure combien il est difficile de retrouver des originaux. Il faut donc reconsidérer totalement le berceau à bascule de la maison de la Gemme, le tabouret décoré d’un placage en étoile, l’armoire-autel provenant de la maison du Petit temple de bois, les treize biclinia, les petites tables, les banquettes, les cloisons à grillage, etc.

La seule pièce dont l’authenticité ne fait aucun doute est la barque découverte en 1958. À la lumière de ces informations, toutes les considérations sur l’usage des outils et la technique des ébénistes d’Herculanum font naturellement l’objet d’un réexamen.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°21 du 1 janvier 1996, avec le titre suivant : Des faux bois à Herculanum

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