Dimanche 21 octobre 2018

Collection Cligman à Tours : la ville refuse les exigences du collectionneur

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 10 avril 2017 - 418 mots

TOURS (CENTRE-VAL DE LOIRE) [07.04.17] - La ville de Tours a décidé de refuser les exigences du collectionneur Léon Cligman pour accueillir quelque 1 200 tableaux, sculptures et dessins rassemblés par l'ancien magnat de l'industrie textile, a annoncé vendredi le maire de Tours Serge Babary (LR).

M. Léon Cligman a changé son projet initial de donation à la ville et à l'Etat en une fondation, avec la volonté de « garder la main, y compris sur les locaux mis à disposition par la ville » de Tours pour héberger la collection, a expliqué M. Babary en conférence de presse. « Ce changement de projet a été annoncé (par M. Cligman) deux jours avant la signature » prévue le mois dernier du projet d'installation de la collection Cligman au château de Tours, a dénoncé le maire de la ville. « Les nouvelles conditions étaient devenues inacceptables par la ville de Tours et par l'Etat », a-t-il souligné.

Le don des 1 200 oeuvres, dont des tableaux de la peintre Martine Martine, épouse de M. Cligman, avait été annoncé triomphalement en juin 2016 devant le conseil municipal. La donation annoncée comprenait des oeuvres de Gustave Caillebote, Camille Corot, Robert Delaunay, André Derain, Toulouse-Lautrec, Kees Van Dongen, Edgar Degas, Eugène Delacroix, Edouard Vuillard... Y figuraient également des oeuvres de l'antiquité grecque et romaine, ainsi que d'Afrique, d'Egypte, du Moyen-Orient, d'Asie et des Amériques.

Les deux époux, qui possèdent une propriété non loin de Tours et dont l'histoire personnelle et professionnelle est liée à la région Centre, devaient initialement financer pour un montant de cinq millions d'euros la construction d'une annexe du Musée des beaux-arts de la ville destinée à servir d'écrin à la collection. Le projet s'était cependant très vite heurté aux exigences de protection du secteur sauvegardé de la cathédrale et de l'ancien palais épiscopal qui abrite le musée. L'installation de la collection au château de Tours, après travaux, là encore payés par le riche collectionneur, avait alors été projetée. « Le paiement de travaux dans des lieux mis à disposition ne signifie pas transfert de propriété. Il est impossible que nous n'ayons pas le leadership sur les expositions temporaires, la programmation, la muséographie... », s'est indigné le maire de Tours en soulignant que la ville « n'a pas changé sa proposition initiale. »

Léon Cligman, 96 ans, a bâti un empire industriel textile qui a employé jusqu'à 40 000 personnes et dont l'un des fiefs était établi à Issoudun (Indre). Son épouse Martine Martine a résidé durant la Seconde Guerre mondiale à Valençay (Indre) où sa famille s'était réfugiée.

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Musée des Beaux-Arts de Tours © Photo Casper Moller - 2008 - Licence CC BY-SA 2.0

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