À Chantilly, la crème des Primitifs

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 21 août 2014 - 557 mots

Une exposition et un important catalogue mettent sous la lumière l’extraordinaire collection de primitifs italiens du Musée Condé.

Si le terme d’événement est galvaudé, trop souvent utilisé à mauvais escient, certaines manifestations méritent cependant encore ce superlatif. Celle du Musée Condé, au château de Chantilly, par exemple. Moins connues que les Raphaël et les Clouet de la collection du duc d’Aumale, les œuvres des primitifs italiens et des maîtres de la première Renaissance toscane comptent parmi les fleurons du musée, mais n’ont pourtant jamais fait l’objet d’une exposition scientifique. Cet automne c’est enfin chose faite. Une trentaine de peintures et dessins de Fra Angelico, Botticelli, Lippi, ou encore di Cosimo sont présentées au château, accompagnés de prêts majeurs. Événement dans l’événement ; l’exposition ambitionne de ressusciter des œuvres disparues, car démembrées au fil des siècles, au gré du marché ou de l’évolution du goût. En effet, les éléments de polyptiques ou de coffres de mariage, que l’on admire aujourd’hui comme des œuvres autonomes, sont en réalité des fragments d’ensembles bien plus vastes, dispersés à travers le monde, que l’exposition restitue physiquement, ou virtuellement. Parmi les réunions au sommet, la manifestation reconstitue notamment La Thébaïde de Fra Angelico dont les différents panneaux sont rassemblés pour la première fois depuis le XVe siècle. Le catalogue édité au Cercle d’art retrace ce puzzle historique mené par une vingtaine de chercheurs internationaux. 

Un ange passe
giovanni di Paolo Fragment d’un ensemble inconnu, le panneau du Siennois di Paolo a été largement remanié et synthétise les difficultés de lecture des œuvres dispersées et transformées. Véritable cas d’école, il représente aussi un beau morceau de peinture qui témoigne des derniers feux du gothique au seuil de la Renaissance.

L’autre Ghirlandaio
Davide Ghirlandaio Resté dans l’ombre de son frère et collaborateur Domenico, Davide Ghirlandaio est
un peintre florentin atypique qui se distingue par sa proximité avec les primitifs flamands. Par son souci du détail et le traitement du paysage, cette Vierge à l’Enfant condense l’influence nordique dans sa production.

Simonetta pin-up du Quattrocento
Piero di Cosimo Célébrée comme l’une des plus belles femmes de son temps, Simonetta Vespucci a été immortalisée par Politien, Botticelli et Piero di Cosimo qui en fit un portrait d’une grande audace, qui constitue un des premiers nus sans prétexte mythologique de l’histoire de l’art. Récemment restauré il dévoile tous les atours de la muse.

Un Vecchietta inédit
Francesco di Giorgio Les experts ont identifié et réuni trois pièces de Giorgio, dit Vecchietta, qui auraient composé la prédelle d’un retable de l’église San Francesco de Narni : Les Flagellants de Chantilly, la Prédication de saint  Bernardin de Sienne de Liverpool, et saint Louis de Toulouse ressuscitant deux frères de la Pinacothèque Vaticane.

Après le printemps vient l’automne
Sandro Botticelli Moins connu que l’iconique Printemps conservé à Florence, L’Automne de Botticelli et de son atelier n’a pas fini d’intriguer les experts. Sa signification alimente toujours le débat : allégorie de l’Automne, de l’Abondance ou encore mise en garde contre les excès de l’ivresse... le mystère, à Chantilly, reste entier.

Un Vecchietta inédit
francesco di Giorgio Les experts ont identifié et réuni trois pièces de Giorgio, dit Vecchietta, qui auraient composé la prédelle d’un retable de l’église San Francesco de Narni : Les Flagellants de Chantilly, la Prédication de saint  Bernardin de Sienne de Liverpool, et saint Louis de Toulouse ressuscitant deux frères de la Pinacothèque Vaticane.

« Fra Angelico, Botticelli... Chefs-d’œuvre retrouvés »

Du 8 septembre au 4 janvier 2015. Domaine de Chantilly. Jusqu’au 2 novembre : ouvert tous les jours de 10 h à 18 h. À partir du 3 novembre : ouvert tous les jours de 10 h à 17 h.
Tarifs : 10 et 5 €.
Commissaires : Michel Laclotte, Nicole Garnier et Nathalie Volle.
www.domainedechantilly.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°671 du 1 septembre 2014, avec le titre suivant : À Chantilly, la crème des Primitifs

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