Lundi 10 décembre 2018

Au Mans, un musée arrive à terme

Le Journal des Arts

Le 16 mars 2001 - 586 mots

Depuis la construction de l’École des beaux-arts du Mans, on avait un peu oublié les thermes gallo-romains situés en sous-sol. Ces vestiges ont pourtant été conservés dans leur plus grande partie, ainsi que la Ville l’avait décidé lors de leur mise au jour. Après aménagement, ils sont désormais accessibles au public. Toutefois, pour voir le matériel exhumé à l’occasion des fouilles, il faudra attendre la création du Musée archéologique, en 2004 ou 2005.

LE MANS - En 1980, des travaux d’extension d’une école primaire avaient révélé la présence de vestiges archéologiques, ce qui n’était pas pour surprendre sur un terrain situé au pied de la célèbre muraille gallo-romaine. Jusqu’en 1986, des campagnes annuelles ont été menées sur ces thermes par des bénévoles sous la direction de Joseph Guilleux, alors correspondant des Monuments historiques dans la Sarthe. Après la destruction de l’école primaire, reconstruite ailleurs, l’Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan) a pris le relais sur toute la parcelle. Fin 1988-début 1989, le travail des archéologues était achevé. Dix ans après l’inauguration de l’École des beaux-arts en 1991, élevée sur le site, celui-ci est enfin ouvert au public (sur réservation auprès de l’office du tourisme, au 02 43 28 17 22).

Les thermes avaient été élevés vers le milieu du Ier siècle, puis remaniés et étendus à plusieurs reprises, avec notamment la construction d’une grande salle octogonale. Leur histoire s’arrête au IIIe siècle (vers 270). Situés à l’extérieur du tracé de la muraille construite à cette époque, ils sont en effet rasés, et les matériaux sont remployés dans les fortifications. Les fouilles ont mis au jour l’hypocauste de la salle octogonale, le bassin du caldarium et le réseau d’évacuation des eaux, qui dessine une belle croix. Elles ont aussi permis de récolter un important matériel : “Un monument public comme celui-ci livre toujours un important lot de monnaies, beaucoup de petits objets (aiguilles pour les chignons des dames, fibules pour les vêtements, vaisselle...), et des éléments architecturaux”, note Joseph Guilleux. Toutefois, pour d’évidentes raisons d’espace, rien n’est présenté sur place. Pour voir tous ces objets, il faudra attendre l’ouverture du futur Musée archéologique en 2004-2005. Celui-ci s’installera dans l’ancienne imprimerie Monnoyer, un bâtiment désaffecté depuis de nombreuses années, et, qui plus est, victime d’un incendie. Aujourd’hui, il ne reste guère que les murs, étayés comme il se doit. La prochaine étape de ce projet, en gestation depuis trois ans, sera le concours d’architectes, sans doute cette année. Sur 1 000 à 1 500 m2, seront bien sûr présentés les objets découverts dans les anciens thermes, et notamment la mosaïque du bassin octogonal. Mais aussi les collections anciennes de la ville, en réserves depuis longtemps. Le Mans possédait en effet un musée archéologique au XIXe siècle. S’y ajoutera le matériel issu des fouilles de sauvetage réalisées au Mans (Cité judiciaire...) et dans le département (autoroute A 28 Alençon-Le Mans-Écommoy). Sur la place des Jacobins, en contrebas de la cathédrale, en lieu et place du théâtre municipal, la création d’un complexe comprenant un nouveau théâtre et un multiplexe, pour lequel Christian de Portzamparc a dessiné un projet ambitieux, devrait donner lieu à de nouvelles fouilles. D’aucuns s’inquiètent de la construction de parkings en sous-sol, et de son impact sur le patrimoine archéologique. “Les grosses couches archéologiques seront à peine entamées par les parkings, estime pourtant Joseph Guilleux, aujourd’hui président de l’office de tourisme. Ce qui sera détruit, ce sont les charniers de l’armée vendéenne, situés à vingt centimètres sous terre.” Les archéologues auront la charge de le vérifier.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°123 du 16 mars 2001, avec le titre suivant : Au Mans, un musée arrive à terme

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