Vendredi 23 février 2018

Palmarès 2010 : le Quai Branly détrône le Centre Pompidou

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 16 juillet 2010

PARIS [23.06.10] - Le Quai Branly détrône le Centre Pompidou alors que la remonté à la quatrième place du musée des beaux-arts de Lyon confirme le dynamisme des musées en région. Les musées ont attiré toujours plus de visiteurs en 2009 ( 4,3%) mais certains indicateurs annoncent des difficultés à venir. Les résultats complets du 7e Palmarès Artclair des musées sont publiés dans L’ŒIL du 24 juin et LE JOURNAL DES ARTS du 25 juin.

Se classant 12e dès son entrée dans le Palmarès des musées, le Quai Branly n’a cessé de progresser, 7e en 2008, 2e en 2009 et aujourd’hui la première place. Le Quai Branly doit cette pole position autant à lui-même qu’à un coup de froid de l’ex numéro 1, le Centre Pompidou. Il a attiré 7,6 % de visiteurs en plus, alors que la moyenne nationale est de 4,3 %, mis en place le téléchargement mp3 des audioguides, offert 18 jours de gratuité d’entrée, sur un total 323 jours, organisé des expositions à succès (Le siècle du Jazz, Téotihuacan)… Mais à ce niveau de classement, tout compte, l’accueil, la conservation… Le Quai Branly est bon partout. Il faut dire qu’il a été programmé pour faire venir et revenir des visiteurs.

Dans le même temps, les grèves au Centre Pompidou lui ont fait perdre de précieux points sur le critère du nombre de jours d’ouverture. De surcroît, il n’a pas encore introduit le téléchargement des visites audio et n’offre pas d’audio guide dans le prix d’entrée. Au sommet, il n’en faut pas plus pour glisser d’une place. Et pourtant Beaubourg affiche des scores impressionnants : 26 % de visiteurs en plus, des recettes commerciales en hausse de 14 %, le tout alimenté par les 700 000 visiteurs de Kandinsky.

Le Louvre et Orsay

Derrière, le Louvre qui conserve sa 3e place et Orsay qui perd 3 places (8e) sont-ils à leur vraie place ? Le Louvre reste le plus beau musée du monde, mais les 69 critères de l’enquête ne sont pas tous relatifs à la taille. La stabilité du nombre de visiteurs, un audioguide payant, et un pourcentage d’ouverture de salles à 90 % (il sera difficile au Louvre de faire mieux) comptent également. Orsay, présente la même physionomie que Le Louvre, à ceci près que la suppression des fiches dans les salles lui a fait perdre 14 points sur un total de 398.

En région

Plusieurs musées en région en profitent pour gagner quelques places. Le musée des beaux-arts de Lyon (4e) engrange les bénéfices de son activisme (17 % de visiteurs en plus, 14 % de recettes commerciales) tandis que celui de Rouen s’est mis en ordre de bataille pour préparer Normandie impressionniste. Les grands musées en région montrent qu’ils n’ont pas à rougir face aux mastodontes parisiens, quatre d’entre eux figurent dans le Top 10. La Piscine de Roubaix (11e, plus 7 places)qui fut en 2008 le premier musée en Région, fait un retour en force.

La santé des musées

Les 340 musées classés cette année sont suffisamment représentatifs pour fournir un bon aperçu de la santé des musées de beaux-arts en 2009. On a vu que le nombre de visiteurs a augmenté de 4,3 %, mais il convient de nuancer ce bon résultat. Le nombre de visiteurs payants n’augmente lui que de 3,15 %, et il est stable en région. Les touristes étrangers qui forment 57 % des entrées sont une véritable manne, notamment en Ile-de-France. On notera, s’agissant de Paris, que les musées municipaux gratuits accusent une baisse de fréquentation des collections permanentes de près de 12 %. La gratuité n’est pas la seule réponse à la démocratisation de l’art, ce que tout le monde sait depuis longtemps.

Les collections se sont enrichies pour une valeur totale record ( 40 % par rapport à l’an dernier) de 129 millions d’euros. Mais à eux trois, Le Louvre, Orsay et Beaubourg représentent déjà 45 millions du total. De même, on en sait un peu plus depuis l’enquête de cette année sur le montant du mécénat : 65 millions d’euros, à comparer aux 301 millions de recettes commerciales, mais Le Louvre draine à lui seul la moitié du mécénat.

Tous ces indicateurs montrent que les musées semblent échapper à la crise. Cependant, encore très dépendants de l’argent public, on ne voit pas comment leurs subventions ne vont pas être rabotées en 2010 et plus encore en 2011, alors que les déficits des finances de l’Etat sont ce qu’ils sont et que les ressources des collectivités locales, à qui appartiennent l’immense majorité des musées, sont de plus en plus malmenées.

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Le tableau du top 10 du classement des musées 2010 © artclair

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