Vendredi 30 octobre 2020

Un ministère nouvelle génér@tion

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 10 avril 2012 - 333 mots

Le ministère de la Culture vient de publier, sous le titre « Culture & Médias 2020 : un ministère nouvelle génér@tion », sa réflexion sur ce que devrait être son rôle dans les prochaines années. Un travail classique de « brainstorming » interne qui a le mérite de bien résumer les enjeux actuels et futurs de la politique culturelle : numérique, décentralisation, régulation des opérateurs publics, transversalité, etc. En dépit d’un sabir encore trop technocratique dont on se demande toujours s’il vise à signaler sa caste ou à masquer une pensée imprécise, la synthèse du rapport est un écho pertinent aux contributions extérieures des uns et des autres sur la réinvention de ce ministère. Il manque cependant un volet tout aussi important pour que ce rapport serve à quelque chose : comment adapter l’organisation interne du ministère à ces enjeux ? La Rue de Valois, comme toute organisation humaine, particulièrement dans la fonction publique, est difficile à transformer. La double gouvernance entre les conseillers du ministre, toujours en transit, et une administration qui sait parfaitement jouer de l’inertie quand elle le veut, ne facilite pas les choses. La RGPP [révision générale des politiques publiques] aurait pu être le « véhicule » de cette réorganisation, mais elle était trop centrée sur les nécessaires recherches d’économies pour se projeter dans l’avenir. Il faudrait donc que le même exercice de réflexion soit mené pour poser un diagnostic opérationnel sur les freins internes aux changements. Cette démarche ne peut évidemment se faire qu’avec l’aide de tiers qualifiés, car il est toujours difficile pour une collectivité d’identifier seule ses propres faiblesses. Cela ne représenterait qu’un coût minime en regard du budget de l’État, tout en constituant un formidable levier sur l’efficience de sa politique. L’exercice permettrait également de dessiner le portrait idéal de celui qui peut conduire ce changement, le ministre lui-même. Un portrait vraisemblablement très éloigné de celui de plusieurs titulaires précédents du poste. Voilà pourquoi une telle démarche a peu de chance de voir le jour.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°367 du 13 avril 2012, avec le titre suivant : Un ministère nouvelle génér@tion

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