Mardi 18 décembre 2018

Russie : une nouvelle ère

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 20 février 2004 - 336 mots

L’année 2003 aura été marquée en Russie par le tricentenaire de la fondation de Saint-Pétersbourg par Pierre le Grand. Dans ce contexte d’anniversaire, le Musée national de l’Ermitage a atteint cette année des chiffres de fréquentation très importants puisque l’exposition justement consacrée au fondateur de la ville a attiré près de 10 000 visiteurs par jour, ce qui la place au sommet de notre palmarès annuel de fréquentation des expositions à travers le monde. Pour mémoire, la manifestation couronnée en 2002, « Van Gogh et Gauguin » au Musée Van Gogh d’Amsterdam, n’avait attiré « que » 6 719 visiteurs par jour !
Premier constat : la hiérarchie qui place systématiquement les grands noms de l’art – notamment moderne – au firmament de notre palmarès est bousculée. La redécouverte de l’histoire tsariste à travers des ensembles d’arts décoratifs a manifestement mobilisé un peuple qui redécouvre une partie de son patrimoine. Second constat : il existe en Russie un nouvel engouement culturel. Ainsi, sur les trente premières expositions de notre classement mondial, cinq ont été accueillies par le Musée national de l’Ermitage !
Mais, au-delà de la seule fréquentation des musées, les Russes sont de plus en plus actifs sur le marché de l’art, parfois jusque dans le souci de préservation de leur patrimoine national. Ainsi de l’acquisition par le milliardaire Victor Vekselberg de la collection Forbes réunissant neuf œufs Fabergé issus de l’ancienne collection de la famille impériale russe. Le Musée de l’Ermitage s’est d’ores et déjà déclaré candidat pour présenter au public cet ensemble exceptionnel.
L’engouement du public n’est pourtant pas circonscrit en Russie au seul art ancien : l’exposition de Nicolas de Staël, artiste né à Saint-Pétersbourg en 1914, a elle aussi remporté un franc succès. Le peintre aura attiré les foules en 2003 puisque son exposition a été la plus fréquentée au Centre Pompidou. Et, à la même époque, « Paris-Saint-Pétersbourg 1800-1830 » réalisait un très bon score au Musée de l’armée, à Paris. Décidément, avec les Russes s’ouvre une nouvelle ère !

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°187 du 20 février 2004, avec le titre suivant : Russie : une nouvelle ère

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