Nombreuses réactions après la mort d’Antoni Tápies

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 8 février 2012 - 474 mots

MADRID (ESPAGNE) [08.02.12] – José Ignacio Wert, ministre de l’Éducation, de la Culture et des Sports espagnol, a décrit Antoni Tápies comme « l’une des figures les plus marquantes de l’art espagnol de la seconde moitié du XXe siècle ». Si la veuve de l’artiste, Teresa, souhaitait garder le secret pour assurer à son époux des adieux intimes, ce fut impossible tant le monde de l’art est bouleversé.

L’œuvre d’Antoni Tápies est vaste : plus de 8 000 œuvres, plusieurs écrits sur l’art... Xavier Antich, président de la Fondation Tápies, rendra hommage dans les prochains jours à ce « travailleur infatigable » qui, cet été encore, avait réalisé 25 œuvres. L’artiste laisse un héritage précieux derrière lui. Selon Bartomeu Marí, directeur du Musée d’art contemporain de Barcelone (le MACBA), relayé par l’agence de presse espagnole EFE, « nous continuerons de découvrir Tápies pendant des années », il est l’« un de ceux qui ont élevé de plusieurs degrés la culture artistique quand il a décidé d’initier son projet d’abstraction matérica, apportant un caractère universel qui a fait école et qui continuera d’avoir des partisans ».

Son œuvre appartient désormais à l’humanité toute entière, estime Gregorio Díaz Ereño, directeur du Museo Jorge Oteiza, ajoutant qu’il laisse « un patrimoine essentiel à la compréhension de l’art du XXe siècle ». ElPaís.es rapporte également les propos élogieux de la ministre de la Culture de la Generalidad Valenciana, Lola Johnson : « La mort d’Antoni Tápies est une grande perte pour le monde de la culture, et pas seulement pour l’art, puisqu’il était un intellectuel, et en plus d’avoir introduit l’art espagnol dans le panorama international de la seconde moitié du XXe siècle, il était un penseur, un poète qui transforma la nature même des choses ».

En France, la galerie Lelong collaborait avec Tápies depuis 1967, l’exposant régulièrement à Paris, mais aussi à Zürich et New York. La galerie a également édité plusieurs catalogue d’exposition et écrits de l’artiste, notamment La Réalité comme art et L’Art et ses lieux.

Martine Aubry et François Hollande rendent eux aussi hommage à l’artiste espagnol. Dans un communiqué relayé par l’AFP, Martine Aubry salue son « œuvre dense, splendide, empreinte de la plus haute spiritualité ». Selon François Hollande, également cité dans l’AFP, « Antoni Tápies nous laisse non seulement une œuvre foisonnante et hétéroclite nourrie par huit décennies de travail acharné, mais aussi l’une des fondations les plus dynamiques d’Europe. Créateur d’un nouveau langage, héritier des grandes révolutions picturales du début du XXe siècle comme des grands maîtres de la Renaissance, il nous a ouvert les portes d’un monde où le jeu fait jaillir la pensée ».

Antoni Tápies, qui était « le plus savant de tous les artistes, lecteur inlassable et collectionneur avisé », selon Martine Aubry, possédait également une joie de vivre vigoureuse. L’artiste disait il y a quelques mois : « C’est très important de compenser la douleur et l’amour. Et cet équilibre fait voir la vie avec optimisme ».

Légende photo

Antoni Tàpies - © photo Canalhub Fotos - 2008 - Licence CC BY-SA 2.0 

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque