A New York, le Musée de l’art biblique ferme ses portes

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 30 avril 2015 - 624 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS) [30.04.15] – Le Musée de l’art biblique a annoncé mercredi qu’il fermera définitivement au public le 14 juin, à la fin de son exposition actuelle consacrée à Donatello. Installé dans son espace actuel sur Broadway depuis 2005, le musée est contraint de déménager suite à la vente du lieu par son propriétaire.

Le Musée de l’art biblique (MOBIA) a annoncé mercredi dans un communiqué qu’il fermera définitivement au public le 14 juin 2015, à la fin de son exposition actuelle consacrée à Donatello, et qu’il cessera ses opérations le 30 juin. « Je crois que le MOBIA est un élément unique du paysage culturel de New York et de l’ensemble du pays, et c’est avec une immense tristesse que nous fermons nos portes », a déclaré le co-président du conseil d’administration, John Fossum.

Fondé en 1997 par la Société biblique américaine (ABS), le MOBIA est devenu un musée indépendant en 2004, et s’est installé dans son espace actuel sur Broadway en 2005. Jusqu'à présent, le bâtiment appartenait à l'ABS, qui soutenait financièrement le musée et lui louait les lieux pour 1 dollar symbolique annuel. En février, l’ABS a vendu la propriété en prévision de son déménagement à Philadelphie, laissant le MOBIA sans lieu d’exposition. Le musée a exploré plusieurs options pour un nouveau site et contacté les partenaires potentiels avec qui collaborer. Il a finalement été impossible dans un laps de temps aussi court de lever les fonds nécessaires à l'augmentation du budget de fonctionnement. En effet, la location d’un nouveau site peut coûter jusqu'à 5 millions de dollars par année, sans compter les éventuels frais de rénovation, alors que le budget annuel de fonctionnement du MOBIA varie de 2,5 millions à 3,5 millions de dollars.

« La sculpture à l’époque de Donatello : chefs-d’œuvre renaissance de la cathédrale de Florence », qui dispose de 25 pièces du Museo dell'Opera del Duomo, dont beaucoup quittaient l'Italie pour la première fois, a été un « blockbuster » selon les normes de ce petit musée. Depuis son ouverture à la mi-février, l’exposition a presque dépassé les chiffres de fréquentation annuels les plus élevés du MOBIA, avec 20 000 visiteurs. On est certes très loin des chiffres des grands musées new-yorkais, mais l’équipe se réjouissait d’avoir réussi à se faire une place dans le paysage muséal depuis l’arrivée de Richard P. Townsend à la direction du MOBIA en 2013. « C’est douloureusement ironique que nous devions cesser d’exister au moment où le musée a atteint une telle importance », a déclaré Elaine Hirschl Ellis, co-présidente du conseil d’administration du MOBIA. La difficulté du musée à attirer le public peut en partie s’expliquer par un problème d’identité : « Le fait d’avoir le mot « Bible » dans le nom fait penser à trop de gens que nous sommes un groupe conservateur d’extrême-droite, ce qui ne peut être plus éloigné de la réalité », a déclaré un ancien publicitaire du MOBIA au New York Times.

Le MOBIA est un établissement éducatif à but non-lucratif, qui a pour mission d'examiner dans une perspective laïque l'influence de la Bible sur la tradition visuelle occidentale, et sur les artistes passés et contemporains. Le MOBIA n'a pas de collection permanente, mais monte à la place trois grandes expositions par an. Depuis sa création, le musée a organisé plus de 45 expositions temporaires, sur des thèmes allant des retables de Bartolo di Fredi aux vitraux de Louis Comfort Tiffany ou des gravures d'Albrecht Dürer aux livres d'artistes contemporains, et mis en place de nombreux programmes éducatifs. La prochaine exposition prévue au musée, « Pouvoir et piété : art colonial espagnol de la collection Patricia Cisneros », sera finalement présentée en mars 2016 à la Society of Four Arts de Palm Beach.

Légende photo

La façade du Museum of Biblical Art à New York, Etats-Unis © Photo MOBIA - 2015 © Museum of Biblical Art of New York

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque