Dimanche 18 février 2018

Schliemann, « menteur pathologique »

Le Journal des Arts

Le 14 décembre 2009

Schliemann de Troie est un ouvrage singulier, qui s’inspire à la fois de l’enquête biographique et des papiers scientifiques que l’auteur publie sur Schliemann depuis 1978.

Schliemann a, dès le XIXe siècle, été accusé par les archéologues d’avoir fouillé trop vite le site de Troie et beaucoup détruit pour trouver des trésors. Mais ses travaux ont inspiré les archéologues du début du XXe siècle, comme Arthur Evans, l’inventeur du Palais de Cnossos en Crète. Ce que David Traill, professeur à l’université de Californie à Davies, met en doute, c’est la découverte du trésor dit de Priam. Il a trouvé tant d’incohérences dans les récits de Schliemann qu’il le décrit comme un "menteur pathologique" qui aurait inventé les événements décrits.

Traill démontre que Schliemann a volontairement falsifié ses rapports. Le "trésor de Priam" a été trouvé en divers endroits de la colline d’Hissarlik ; une partie aurait été mise au jour le 31 mai 1873, et de nombreux objets auraient été trouvés plus tôt dans la campagne, en 1873 ou les années précédentes. Traill a regroupé, en vingt ans de recherches, une importante documentation – lettres, notes, carnets – provenant des archives Schliemann. Pourquoi l’archéologue a-t-il menti ?
Probablement parce qu’il voulait prouver que Priam avait bien existé et que L’Iliade était un récit authentique : la meilleure preuve qu’il pouvait apporter pour être accepté par la communauté scientifique, c’était la découverte d’un trésor royal.

A-t-il regroupé un trésor trouvé en plusieurs endroits, les objets ont-ils été achetés, les pièces sont-elles des copies ? Le doute plane encore. Les scientifiques russes, qui viennent d’établir le catalogue de l’exposition "L’Or de Troie", n’en sont pas persuadés et pensent que les pièces du Trésor peuvent provenir d’une même source.

Des nombreuses annexes et notes font de ce livre un ouvrage indispensable à la recherche.

David Traill, Schliemann de Troie, 384 p., collection Grandes bibliographies, éditions Flammarion, 145 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°26 du 1 juin 1996, avec le titre suivant : Schliemann, « menteur pathologique »

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