Petite historiographie du baroque

Par Jean-Christophe Castelain · L'ŒIL

Le 4 décembre 2007

La fortune du mot baroque est telle qu’à force de l’employer dans tous les registres il est devenu un concept valise. Alain Mérot tente de retracer son usage depuis son apparition au XVIIIe siècle dans le vocabulaire de la critique artistique.
À l’époque, baroque est surtout employé en architecture pour caractériser la dégénérescence des formes pures antiques dont se seraient rendus coupables Le Bernin et Borromini. C’est au xixe qu’il désigne un certain style et s’enrichit d’un corpus dogmatique sous l’influence des théoriciens Burckhardt, Wölflin et Riegl. La généralisation du terme atteint son maximum dans les années 1950 et 1960 : la musique, l’histoire, la littérature se découvrent également une période baroque. Commode et (car) ambigu, le terme a gardé en France la connotation péjorative de ses débuts.
Ce court essai, écrit par le grand universitaire spécialiste du XVIIe siècle, est lumineux, clair, rapide à lire et très instructif. Il permet de mieux comprendre pourquoi l’histoire de l’art associe (à tort doit-on se demander ?) sous la même étiquette les tableaux de Rubens et du Caravage.

Alain Mérot, Généalogies du baroque, Gallimard, 130 p., 19 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°597 du 1 décembre 2007, avec le titre suivant : Petite historiographie du baroque

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