Notes de lecture

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 9 novembre 2009

Les mots sans les images
Le Dictionnaire de la Peinture édité par Larousse rassemble en deux volumes totalisant 2 500 pages, et dans un format de poche très pratique, près de 4 500 articles consacrés aux artistes, aux mouvements artistiques et aux techniques. Conçu à partir du Petit Larousse de la Peinture de 1979, le nouveau dictionnaire, dont la direction éditoriale a été assurée par Michel Laclotte et Jean-Pierre Cuzin, présente un parti pris audacieux tout à fait louable : un ensemble significatif d’artistes contemporains entrent dans ce dictionnaire même si, à l’image de Bill Viola, ils ne sont pas peintres. La partie technique est elle aussi mise à jour avec, par exemple, une entrée CD-Rom. L’absence totale d’illustration pourra cependant être regrettée pour un ouvrage qui se veut de référence.
Dictionnaire de la peinture, éditions Larousse, 2 500 p., 240 F.

Avant la mort
Michel Foucault a interprété dans des pages restées célèbres certains aspects de l’architecture clinique. Médecin, responsable du centre d’hématologie de La Pitié-Salpêtrière, amateur d’art éclairé et professeur à l’École du Louvre, Jacques-Louis Binet retrace l’histoire architecturale des "machines à guérir" depuis le temple d’Esculape jusqu’aux hôpitaux modernes. Il montre comment les conceptions médicales informent directement, mais parfois tardivement, l’approche de l’espace. Les problèmes politiques et urbanistiques (la place des hôpitaux dans les villes, au centre ou à la périphérie, reste un problème récurrent), les aménagements successifs, l’invention du mobilier (les premiers lits à roulettes datent de 1779) sont autant de questions qui recoupent les idées que se font les sociétés de la santé et de la mort.
Jacques-Louis Binet, Les architectes de la médecine, illustrations de Pierre Buraglio, éditions de l’Imprimeur, 178 p., 174 F.

Avant-garde
Inventeur du happening, Allan Kaprow est sans conteste une figure centrale de l’avant-garde américaine par sa pratique artistique, et plus encore par une réflexion qu’il a développée avec rigueur depuis les années cinquante. Les textes réunis dans ce volume, intelligemment présentés par Jeff Keley (malheureusement dans une traduction parfois incertaine), constituent un précieux témoignage sur les désillusions, les convictions et les doutes des artistes américains après Jackson Pollock. On y trouvera moins une vision esthétique triomphante et des revendications dogmatiques qu’un continuel exercice de scepticisme portant sur les conditions dans lesquelles l’art trouve sa place dans une culture sans cesse plus dévorante.
Allan Kaprow, L’art et la vie confondus, collection "Supplémentaires", éditions du Centre Pompidou, 288 p., 100 F.

L’histoire sous l’œil de l’art
Historien, Jean Lacouture s’est proposé d’écrire une histoire de France en cent images. Parmi les innombrables problèmes que pose pareille entreprise, il fallait résoudre celui, délicat, de la hiérarchie entre l’image et le fait. Autrement dit : "Faut-il privilégier l’événement sur la représentation, préférer un phénomène immense, fut-il médiocrement traduit, plutôt qu’un chef-d’œuvre reflétant un épisode secondaire comme le naufrage de La Méduse ?" Du baptême de Clovis à Fernand Léger, une histoire subjective.
Jean Lacouture, Histoire de la France en cent tableaux, éditions Hazan, 216 p., 195 F.

Matisse, un hymne à la couleur
Il est toujours difficile de reproduire les œuvres de Matisse. L’ouvrage que consacre Gilles Néret à toutes les facettes de la production de l’artiste est irréprochable à cet égard. En collaboration avec le petit-fils du peintre, Claude Duthuit, chaque œuvre a fait l’objet d’une mise au point particulière pour s’approcher au plus près des couleurs des peintures originales. Le texte qui les accompagne apporte une bonne synthèse de l’art de Matisse.
Gilles Néret, Matisse, éditions Taschen, 256 p., 210 F.

Arletty et les peintres
Il est bien connu qu’Arletty – née Léonie Bathiat – a été l’égérie de plusieurs peintres. Mais saviez-vous que cette actrice à la forte personnalité a été encouragée à faire du théâtre par le marchand Paul Guillaume ? Cette biographie solidement nourrie, fruit de quatre années de recherches, fourmille d’anecdotes sur les relations entre Arletty et des artistes comme Van Dongen, Kisling, Marie Laurencin, Braque, Derain, Max Ernst ou Matisse qui, pour elle, "avait l’air sérieux des gens du Nord".
Denis Demonpion, Arletty, éditions Flammarion, 486 p., 140 F.

Nus et portraits
Paul de Roux s’est plus particulièrement attaché, dans l’ouvrage qu’il consacre à Jean-Auguste-Dominique Ingres, aux portraits et aux nus du maître français. Après un texte général qui resitue l’œuvre et la carrière de l’artiste, l’auteur porte un regard d’une grande acuité sur une trentaine de peintures. Du Portrait de Napoléon Bonaparte, premier consul (1804) au Bain turc (1863), les œuvres du peintre montalbanais sont analysées dans le détail, tant du point de vue de l’iconographie que de l’appareil critique.
Paul de Roux, Ingres, éditions Herscher, 87 p., 280 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°32 du 1 janvier 1997, avec le titre suivant : Notes de lecture

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