Dimanche 8 décembre 2019

revues d’art

Ligeia

L'ŒIL

Le 1 septembre 2002 - 340 mots

Lorsqu’on évoque la naissance de Ligeia, Giovanni Lista, son rédacteur en chef, ne peut s’empêcher de sourire. « C’était en 1988, et l’art américain était alors une véritable déferlante. Nous voulions affirmer une culture indépendante des arts plastiques, et l’orienter sur l’espace méditerranéen. C’est pourquoi j’ai choisi le nom de Ligeia, en souvenir de la sirène chantée par les poètes grecs, mais aussi par Pessoa. Et nous avions deux principes fondateurs : revaloriser la critique d’art par une certaine rigueur morale et un autre, plus utopique, donner chaque couverture en illustration à un artiste méditerranéen avec une seule consigne, que la figure humaine y soit représentée. Ce parti pris humaniste a vécu en ce qui concerne la couverture, pas pour ce qui est de la ligne éditoriale, demeurée inchangée ». Si Giovanni Lista est un chercheur au CNRS et un historien de l’art reconnu, il est surtout un homme fidèle à ses convictions. Voilà un homme qui résiste depuis 15 ans au culte de la facilité, à l’éphémère, aux pressions commerciales. Distance et sérénité pourraient être ses mots d’ordre. Une maquette classico-moderne volontairement sobre, ni underground, ni racoleuse, un contenu qui ne connaît pas de sujet lié à l’activité des galeries puisque sa programmation est thématique : une première partie intitulée « Actualités et débats » lance la problématique du dossier, toujours confié à un spécialiste compétent qui organise les collaborations. On pourrait imaginer un résultat quelque peu austère, en réalité, le tout est à la fois beau, passionnant et reposant. Voici une vraie revue, qui n’a rien d’un magazine, et qui continue, contre vents et marées, à prôner la responsabilité éthique de l’artiste et la rigueur morale du critique, sans compter celle de l’éditeur qui n’accepte aucune page de publicité et finance la parution bi-annuelle de Ligeia exclusivement par une subvention du CNL et par ses propres deniers. L’histoire de l’art nourrit l’art en histoire. « Je suis un anticonformiste », dit Giovanni Lista. Et aussi un homme libre, assurément.

- Ligeia, ed. Association-Liegeia, 158 p. , 14,50 euros

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°539 du 1 septembre 2002, avec le titre suivant : Ligeia

Tous les articles dans Médias

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque