Dimanche 15 décembre 2019

Livre

Les « Vocabulaires » de Malraux et Chastel, la saga continue

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 12 février 2018 - 398 mots

En publiant en 1972 le premier opus des Vocabulaires, André Malraux et André Chastel imaginaient-ils le succès inaltérable qu’allait rencontrer cette collection ? Assurément pas.

Ni l’exponentielle dynamique d’ouverture de cette encyclopédie monumentale qui édite aujourd’hui son quatorzième volume, consacré au protestantisme. Les deux André ont en effet inventé un unicum, un outil étroitement lié au fonctionnement de l’Inventaire général du patrimoine culturel, qui constitue lui aussi une spécificité française imaginée par ce duo mythique. Collection de référence, les Vocabulaires avaient pour vocation première d’établir un langage commun entre professionnels et de servir de thésaurus aux agents en mission. Entreprise de normalisation, les Vocabulaires ont aussi pour rôle de rendre compte de la diversité des patrimoines recensés grâce à un système de signalement d’objets depuis le terrain.

Toutefois, leur succès a totalement outrepassé la sphère des experts. L’ouvrage inaugural s’est même payé le luxe de devenir un classique absolu. « L’Architecture de Pérouse de Montclos a dépassé les 100 000 exemplaires vendus, précise Antoine Gründ, directeur des Éditions du patrimoine. Il a déjà connu deux remaniements assez profonds et on ne compte plus les réimpressions. Il est devenu un usuel et, chaque année, les nouvelles promotions d’étudiants en architecture doivent se le procurer. » La dernière mouture de l’ouvrage, parue en 2011, a d’ailleurs marqué un tournant, une petite révolution dans l’histoire de la collection. Car, si l’ADN des Vocabulaires n’a pas changé, leur apparence est devenue résolument plus séduisante. Exit les minuscules illustrations en noir et blanc, la maquette austère et le format peu maniable des débuts. « Les Vocabulaires sont en effet presque devenus des beaux livres », reconnaît Sophie Cueille, conservatrice et responsable de la collection. « C’est une évolution incontournable pour renouveler et élargir notre lectorat. Le défi est de rester une collection qui fait autorité auprès des scientifiques, tout en étant accessible et attractive pour le grand public. »

Autre tendance lourde, la collection autrefois très sectorisée et organisée en typologies – vitrail, sculpture, peinture, etc. – aborde davantage de sujets transversaux. Protestantismes, qui traite de l’architecture, du mobilier ou encore des objets de culte, devrait d’ailleurs être suivi de publications sur le catholicisme et le judaïsme. Enfin, un vocabulaire du Littoral est attendu pour 2020. Il s’agirait là aussi d’une petite révolution car ce projet associerait pour la première fois le ministère de la Culture à un autre ministère, en l’occurrence celui de la Transition écologique et solidaire.

informations

Mireille-Bénédicte Bouvet, Protestantismes,
Éditions du patrimoine, 343 p., 49 €.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°709 du 1 février 2018, avec le titre suivant : Les « Vocabulaires » de Malraux et Chastel, la saga continue

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