Lundi 21 septembre 2020

Les pensées de Werner

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 28 juin 2012 - 408 mots

ANTHOLOGIE. Werner qui ? Werner Spies, historien de l’art allemand né à Tübingen en 1937. Homme respecté et commissaire d’expositions incontournable.

Dix volumes et plusieurs milliers de pages traduites, certaines pour la première fois, par treize traducteurs sont réunis dans un coffret réservé aux écrits de ce  « citoyen du monde  » , titre du portrait documentaire que lui consacrait Evelyn Schels en 2000.
Mais pourquoi ce privilège et une telle célérité à traduire ces œuvres, alors que d’autres ont à attendre souvent plusieurs années  ? C’est que l’homme et la France vivent une vraie histoire intellectuelle depuis que le premier a découvert Paris à la fin des années 1950. Il s’y est installé en 1961, il y a étudié les arts et la littérature française, y a travaillé, pour les journaux notamment, jusqu’à sa consécration en 1997. Cette année-là, le ministre de la Culture le nomme à la tête du Musée national d’art moderne pour succéder à Germain Viatte. Fonction qu’il occupera jusqu’en 2000.
C’est donc par ses expositions, dont certaines sont inoubliables –   «  Paris-Berlin  »  (1978),  «  La révolution surréaliste  »  (2002)  –, tout autant que par ses écrits que l’Allemand s’est fait connaître en France, et notamment par celles et ceux qu’il a consacrés à Pablo Picasso et Max Ernst, ses deux dadas. À son sujet, Pierre Daix dit dans son Dictionnaire Picasso qu’ «  il a renouvelé l’étude des sculptures de Picasso par de grandes expositions et par son ouvrage Picasso, das plastische Werk [Picasso, l’œuvre plastique] »  . Ce texte, dont la première livraison remonte à 1971, ouvre ici le tome  4, le numéro  5 étant réservé au   « continent Picasso »   .

Sur Max Ernst, cet autre continent dont il est le spécialiste incontesté –  même s’il est actuellement cité comme témoin dans une affaire d’authentification de faux  –, les textes prennent pas moins de trois volumes, dont sa thèse de doctorat soutenue à Bonn et publiée en 1974 (Max Ernst, les collages. Inventaire et contradictions). En 2008, sa consœur Ann Hindry déclarait au Journal des Arts  :  «  Werner Spies vit dans un pays [la France] qui ne le lit pas, qui ne sait pas à quel point il écrit bien et comme il est reconnu en Allemagne.  »  Une injustice que ces dix volumes sont en passe de réparer… 

Werner Spies, Un inventaire du regard. Écrits sur l’art et la peinture

Gallimard, 10 vol., 4 356 p., 159 e.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°648 du 1 juillet 2012, avec le titre suivant : Les pensées de Werner

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