Mercredi 19 décembre 2018

Les Brèves: L’invention de l’avant-garde, Concept de salon..

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1995 - 467 mots

L’invention de l’avant-garde
Professeur à la City University de New York, Linda Nochlin n’est pas une historienne de l’art comme les autres. Tandis que la grande majorité de ses collègues avaient une approche formaliste, elle décida, sous l’influence de Meyer Shapiro, de s’intéresser aux contenus des œuvres et à leurs rapports avec la réalité sociale. “L’art moderne, écrit-elle en introduction à son dernier recueil d’articles, par définition eut-on dit, échappait à l’iconographie ; ainsi exposé de la façon la plus simpliste, tout l’effort moderniste aurait visé, depuis Manet, à débarrasser l’art de ses sujets encombrants.”

Pionnière du féminisme, l’auteur s’intéresse ici en particulier à “l’invention de l’avant-garde” au tournant du xixe siècle, dans un texte qui a le si rare mérite de la clarté, ou à la question du régionalisme. Ses sujets de prédilection ne sont pas tous aussi génériques puisqu’elle s’intéresse aussi à l’extraordinaire Bal à l’Opéra de Manet, ou au comportement de Degas au cours de l’affaire Dreyfus. Loin de toute approximation, avec juste ce qu’il faut d’a priori, les essais de Linda Nochlin offrent une lecture roborative de la modernité.
- Linda Nochlin, Les politiques de la vision, art, société et politique au xixe siècle, Éditions Jacqueline Chambon, 300 p., 148 F.

Concept de salon
Faire avec l’art conceptuel et minimal, ce que l’on a si souvent fait avec l’Im­pres­sionnisme : un coffee-table-book. Telle était manifestement l’ambition des éditions Skira avec cet album, qui contient de nombreuses et très belles reproductions en pleine page. S’agissant d’un art aussi intellectuel, l’auteur, qui est aussi marchand d’art, a réduit son texte à l’essentiel : une introduction et quelques légendes commentées font le tour de la question. Au terme d’un parcours sans fautes, l’auteur conclut, sans égards cependant pour la forme du livre qu’il signe, que le but de l’art d’aujourd’hui est de “déstabiliser la notion d’objet d’art sacralisable”.
- Ghislain Mollet-Viéville, Art minimal et conceptuel, Skira, 128 p., 198 F jusqu’au 30 juin, 248 F ensuite.

Un CD-Rom Maeght
Vingt-sept vidéos, dont quinze films inédits tournés à la Fondation Maeght ou dans des ateliers d’artistes, mille œuvres et cinq cents photos sont réunis dans ce panorama de l’art du XXe siècle, vu à travers la collection de cette Fondation. La navigation bucolique – une “abeille” encourage le visiteur virtuel à butiner d’une œuvre à l’autre, et une “spirale du temps” lui permet de consulter l’historique d’une œuvre ou la biographie d’un artiste – est à l’image du lieu conçu à Saint-Paul par l’architecte catalan José-Luís Sert.

La découverte de la Fondation débute par une longue balade vidéo dans le jardin, à la découverte du labyrinthe de Miró, de la cour Giacometti, du bassin de Braque…
-“Une promenade dans l’art du XXe siècle”, conçu par “Bastide & Bastide”, coproduction Matra Hachette Multimédia/Fondation Maeght, versions Mac ou PC, 400 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°16 du 1 juillet 1995, avec le titre suivant : Les Brèves: L’invention de l’avant-garde, Concept de salon..

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