Outil

Le Moyen Âge de Haut en Bas

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 2 septembre 2009

Le premier dictionnaire consacré à l’histoire de l’art médiéval occidental paraît aux éditions Robert Laffont. Un outil pratique et érudit.

Alors que la discipline peine à franchir les portes de l’enseignement primaire et secondaire, les éditions Robert Laffont publient enfin un premier dictionnaire d’histoire de l’art consacré au Moyen Âge. L’élaboration d’un tel ouvrage a représenté un véritable défi éditorial pour les quatre-vingts auteurs qui y ont participé. Ceux-ci ont ramené la production artistique de l’Occident médiéval, du Ve au XVe siècle, à mille notices. « Mille ans de peinture, de sculpture, d’architecture ou d’orfèvrerie ne peuvent à l’évidence entrer dans ce format aisément manipulable, aussi bien conçu soit-il. C’est pourtant ce qui a été tenté dans ce volume et, nous l’espérons, réussi », préviennent, en préambule, Pascale Charron, maître de conférences à l’université François-Rabelais à Tours, et Jean-Marie Guillouët, conseiller scientifique à l’Institut national d’histoire de l’art, à Paris, et maître de conférences à l’université de Nantes, qui ont dirigé l’ouvrage. Impossible, en effet, de prétendre à l’exhaustivité en regard du format – particulièrement pratique – ici adopté. Les auteurs ont donc privilégié la « représentativité », en matière de grandes périodes, des principaux courants artistiques ou des centres de production. Seuls les artistes essentiels – ceux qui témoignent d’un contexte ou d’un mouvement en particulier – sont ainsi mentionnés. En introduction, Roland Recht, professeur au Collège de France [et chroniqueur au Journal des Arts], résume l’invention de l’art médiéval. À la suite de chaque notice, un index synthétique permet au lecteur de pousser plus loin son  investigation, tandis que l’« Index des personnes et des personnages », situé à la fin de l’ouvrage, réunit les artistes, commanditaires et personnages historiques, mais aussi les saints, figures mythiques ou tirées de la Bible. Lui succède un index des lieux et des œuvres anonymes. À la fois érudit et facile d’accès, le dictionnaire fait la synthèse des recherches menées jusqu’à aujourd’hui, incluant les débats toujours en vigueur. Outre qu’elles apportent une définition précise du vocabulaire technique, les notices abordent en effet des questions d’ordre historiographique et méthodologique. Les textes incitent à quitter le cadre trop rigide de la chronologie pour privilégier une approche plus humaine et complexe, où les phénomènes sont imbriqués les uns dans les autres. En témoignent les notions d’art gothique et d’art roman : au milieu du XIIe siècle, l’architecture gothique se développe alors que l’art roman poursuit son évolution tout en engendrant de nouvelles formes, comme l’explique Nicolas Reveyron, professeur d’histoire de l’art à l’université Lumière-Lyon-II. « L’évolution n’est pas un mouvement neutre, mécanique, réductible à une chaîne de causalité, précise l’auteur. L’innovation n’est pas qu’un moment. » Un état d’esprit qui permet d’appréhender au mieux ces mille ans d’Histoire.

Pascal Charron et Jean-Marie Guillouët, Dictionnaire d’histoire de l’art du Moyen Âge occidental, éditions Robert Laffont (collection « Bouquins »), 2009, 1164 p., 35 euros, ISBN 9-78-22211-0325-8.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°308 du 4 septembre 2009, avec le titre suivant : Le Moyen Âge de Haut en Bas

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