Mardi 10 décembre 2019

événement

Le mai des rendez-vous littéraires

L'ŒIL

Le 1 mai 2002 - 790 mots

En mai, fais ce qu’il te plaît, dit le dicton, alors si vous ne savez que faire pour vous distraire ne manquez surtout pas les deux rendez-vous littéraires du mois en vous rendant au Lieu Unique de Nantes pour la troisième édition du salon « Le livre et l’art », ou optez pour le Palais de Tokyo qui accueille le Forum international de l’essai sur l’art.

Si l’on en croit les chiffres annoncés pour 2001, l’édition d’art a connu l’année dernière une progression de 4 %. Un résultat qui enchante Chantal Desmazières, présidente du groupe Art, qui précise : « Cette situation est d’autant plus remarquable que l’édition d’art est confrontée à de multiples problèmes dont le plus préoccupant est celui des droits de reproduction de plus en plus difficiles à obtenir, et de leurs coûts souvent prohibitifs. Ceux-ci ont pratiquement doublé en dix ans alors que les prix publics du livre ne cessent de baisser. L’image est devenue une source de profit pour leurs auteurs, leurs ayants droit ou ceux qui réussissent à s’en faire reconnaître la propriété, et un enjeu économique important qui dépasse de beaucoup l’utilisation qu’en fait l’édition d’art. » Le groupe Art, à l’origine d’une manifestation intitulée le Mai du Livre d’Art, se bat donc pour défendre les intérêts des éditeurs, sensibiliser le public et les élus aux problèmes rencontrés par la profession ; il rend compte également de la richesse et de la variété des publications du groupe. Sa présence est sensible dès le Salon du Livre au Carré des arts qui présente en avant-première les nouveautés éditoriales du Mai du Livre d’Art : cette année, 42 ouvrages pour 28 éditeurs.
On notera dans ce choix la place réservée à la photographie qui connaît une percée significative. Aux côtés de Gustave Le Gray, photographe (1820-1884) coédité par Gallimard et la BNF, on découvre Le Style documentaire d’August Sander à Walker Evans d’Olivier Lugon (Macula), La Mission héliographique d’Anne de Mondenard (Monum), Dorothea Lange. Le cœur et les raisons d’une photographe par Pierre Borhan (Seuil), Autour d’un Monde, dont les 500 photographies en noir et blanc sont signées Tony Soulié (Au même titre), La Photographie contemporaine de Christian Gattinoni et Yannick Vigouroux (Scala), enfin Majorettes de Charles Fréger (coéd. Léo Scheer/Mep). Mines d’information irremplaçables, les catalogues d’exposition sont des valeurs sûres que tout éditeur est fier de mettre en avant. Au rayon des incontournables : La Révolution surréaliste bien sûr sous la direction de Werner Spies (Centre Pompidou), De Puvis de Chavannes à Matisse et Picasso. Vers l’art moderne sous la direction de Serge Lemoine (Flammarion), Lubin Baugin par Jacques Thuillier et Mondrian de 1892 à 1914, les chemins de l’abstraction par Hans Janssen et Joop M. Joosten (RMN). S’ensuivent quelques études dignes du plus grand intérêt comme
Le Musée à l’œuvre de James Putmam (Thames & Hudson), Mauvais genre(s) de Dominique Baqué (éditions du Regard), Méliès magie et cinéma sous la direction de Jacques Malthête et Laurent Mannoni (Paris musées), Andrea Palladio, l’œuvre architecturale sous la direction de Guido Beltramini et Antonio Padouan (Flammarion), Jean Royère par P.E. Martin Vivier (Norma). Pour accueillir toutes ces nouveautés et bien d’autres ouvrages, le Lieu Unique de Nantes organise en partenariat avec les éditeurs d’art du Syndicat national de l’Edition trois jours de rencontres. L’ancienne biscuiterie de LU prend pour l’occasion des allures champêtres en se dotant d’un gazon verdoyant. C’est dans ce cadre bucolique que se déploiera la grande librairie, riche de 8 000 titres présentés par les huit « libraires complices » de la ville selon une approche thématique, la librairie Florence Loewy pour le livre d’artiste et par Bookstorming.com pour ce qui est des revues d’art et des livres étrangers.
Le Forum international de l’essai sur l’art est né quant à lui du simple constat de son directeur Jacques Serrano qu’il n’existait pas plus en France qu’en Europe une manifestation dédiée aux essais théoriques sur l’art. Il a comme point de départ les rencontres Places Publiques qui réunissaient des intellectuels autour des questions que lui-même pouvait se poser par rapport à l’art contemporain. Caractérisé par une présence internationale forte, sa vocation n’est pas lucrative.
« Seule compte la diffusion de la pensée et des idées », précise le directeur. L’actualité n’est pas non plus le moteur de ce forum qui présente aussi bien des ouvrages anciens que des essais à paraître.
Ce rendez-vous n’est cependant pas dénué de toute dimension économique puisque auteurs et éditeurs y trouvent des accords de projets d’édition, de traduction, de publication.

- NANTES, Le Lieu Unique, tél. 02 51 82 15 00, 24, 25 et 26 mai et PARIS, Palais de Tokyo, Site de création contemporaine, 13, av. du Président Wilson, tél. 01 47 23 54 01, 2-5 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°536 du 1 mai 2002, avec le titre suivant : Le mai des rendez-vous littéraires

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