Terre sainte

L’archéologie à l’aune du sacré

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 17 novembre 2006

Paru initialement en 1970, le « Dictionnaire archéologique de la Bible »
a été entièrement revu et corrigé à la lumière des découvertes récentes.

Les fouilles archéologiques menées depuis plus d’un siècle en Terre sainte ont totalement renouvelé notre approche du monde de la Bible. Une première Encyclopédie archéologique sur le sujet avait vu le jour en 1970, sous la férule d’Abraham Negev, professeur à l’Institut d’archéologie de l’Université hébraïque de Jérusalem, décédé en 2004. Prenant en considération les recherches récentes menées sur les territoires actuels d’Israël, de la Palestine, de la Jordanie et de la Syrie, cet ouvrage a été entièrement revu et corrigé par plus d’une centaine de spécialistes qui, pour la plupart, ont travaillé sur le terrain. Au cours des dernières décennies, de nombreux chantiers de fouilles ont en effet permis de confirmer ou de démentir certaines théories, tandis que les progrès scientifiques – comme la datation au radiocarbone – ont ouvert de nouveaux champs de recherche. Paru en anglais en 2002, sous la direction de Shimon Gibson, responsable de nombreuses fouilles à Tell el-Ful et Jérusalem, le Dictionnaire archéologique de la Bible sort enfin dans sa version française, aux éditions Hazan. Au total, plus de 800 entrées alphabétiques permettent d’explorer une période allant de l’âge du bronze ancien (vers 3500 avant J.-C.) jusqu’au début de notre ère, en passant par l’âge du fer (entre 1150 et 586 av. J.-C.), au cours duquel eurent lieu les principaux événements, historiques ou légendaires, relatés dans l’Ancien Testament. On y trouve aussi bien des notices sur les sites bibliques, (villes, monuments, forteresses, cours d’eau, plaines, montagnes…), sur les royaumes, les peuples et les tribus qui y vécurent, que sur les objets découverts. Pour chaque site important, les auteurs présentent les références au texte biblique, les documents orientaux antiques, araméens, assyriens, babyloniens ou égyptiens qui lui correspondent, les témoignages des auteurs classiques, et enfin les données archéologiques.

Poursuite des recherches
« Ce mode de présentation des sources par genre, les unes à la suite des autres, a l’immense mérite d’offrir au lecteur les rudiments des armes de la critique. Il lui permet, en effet, d’apprécier leurs lacunes respectives, mais aussi les manipulations dont elles ont pu être l’objet, au cours des temps, avec les travaux de réécriture et de réinterprétation que cela suppose », précise en préambule Jean-Jacques Glassner, directeur de recherche au CNRS et enseignant à l’École des hautes études en sciences sociales, responsable de l’édition française. « L’ouvrage n’est, malgré les apparences, ni un simple dictionnaire, ni une banale encyclopédie : il montre comment l’archéologie contribue à la reconstruction de l’histoire », ajoute-t-il. Des plans, schémas et photographies (notamment des vues aériennes des principaux sites) enrichissent cette somme considérable. En annexe, le lecteur trouvera un texte sur les méthodes de la recherche archéologique, un glossaire des termes techniques, une chronologie sommaire des époques concernées et des cartes géographiques. Aujourd’hui encore, les recherches se poursuivent et ce en dépit du conflit israélo-palestinien qui, comme le rappelle Shimon Gibson, pointant du doigt le « mur de séparation » récemment édifié, dévaste les sites archéologiques et leur environnement immédiat.

Dictionnaire archéologique de la Bible, Abraham Negev, Shimon Gibson et Jean-Jacques Glassner (sous la dir.), éd. Hazan, Paris, 2006, volume sous coffret, 624 p., 99 euros, ISBN 2-85025-907-1.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°247 du 17 novembre 2006, avec le titre suivant : L’archéologie à l’aune du sacré

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