À la recherche de ses origines du côté d'Odessa...

Par Jean-Christophe Castelain · L'ŒIL

Le 1 août 2007

Le nouveau roman de Bruno Racine, actuel président du Centre Pom­pidou, est à l’image de son auteur :
pudique et subtil. Et, tout comme cet énarque spécialiste des relations internationales, il est aussi très imprégné du nouveau contexte géopolitique.
L’intrigue est simple : un historien de l’art négocie pour le compte d’une jeune et riche héritière italienne la récupération  d’un tableau volé par les nazis à son grand-père (un vague écho à la transaction amiable entre Beaubourg et les héritiers d’Alphonse Kann ?). En réalité, elle sert de prétexte à deux histoires parallèles : les relations entre les deux jeunes gens (écrites à deux voix) et surtout leurs interrogations et recherches sur une éventuelle judaïté familiale. C’est celle-ci qui entraîne le narrateur du côté d’Odessa, un port ukrainien sur la mer Noire. Une ville qui connut ses heures de gloire au xixe siècle et où prospéra une communauté juive avant d’être victime de sanglants pogroms.
À contre-courant du roman à la mode (écriture parlée, érotisme torride, rebondissements improbables), l’ouvrage compose une partition délicate. Et quand on le referme, on regrette que cela soit déjà fini.

Bruno Racine, Le Côté d’Odessa, roman Grasset, 234 p., 17,90 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°590 du 1 avril 2007, avec le titre suivant : À la recherche de ses origines du côté d'Odessa...

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