Mercredi 19 décembre 2018

La Légende dorée

L'ŒIL

Le 1 octobre 2000 - 262 mots

Cette remarquable édition – mise en page soignée, larges gouttières, table alphabétique des saints et des événements liturgiques – nous convie à un véritable périple italien au travers de 400 œuvres peintes entre la parution du manuscrit de Jacques de Voragine et l’apparition des premières éditions imprimées vers 1470.

En 1255, à la lecture de l’ouvrage du dominicain Jacques de Voragine, ses contemporains s’exclament : « Son contenu est d’or ! » Riche d’enseignements concernant tout « ce qui doit être lu des saints », il relate de façon détaillée les vies des 180 saints et saintes, et suscite un immense engouement populaire. Étant, avec la Bible, le livre le plus lu et copié des pays de la Chrétienté, ce récit hagiographique devient une source d’inspiration féconde pour les enlumineurs et les peintres, héritant ainsi du doux nom de Légende dorée. Pour cette réédition, tous les Primitifs sont conviés, de Simone Martini, Duccio, Masaccio, à Taddeo Gaddi, Ambrogio Lorenzetti ou Sano di Pietro. Fresques, retables, enluminures nous livrent des scènes de supplices, de martyrs des plus déconcertants, images faites pour contenter l’âme populaire et frapper l’imagination. Source du renouveau de toute l’iconographie chrétienne, cet ouvrage est une occasion savoureuse de retrouver, entre autres, les saints « céphalophores » comme saint Denis, qui après leur décapitation récupéraient leur tête afin de s’acheminer vers leur lieu de sépulture. Une somme pour l’imagination des artistes !

Jacques de Voragine, La légende dorée, traduction du latin et introduction par Teodor de Wyzewa, éd. Diane de Selliers, deux volumes sous coffret, 680 p., 1600 F, ISBN 2-903656-25-8.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°520 du 1 octobre 2000, avec le titre suivant : La Légende dorée

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