Jean Restout

Par Adrien Goetz · L'ŒIL

Le 3 mars 2008

Cet ouvrage sur Jean Restout, écrit dans une langue alerte et brillante, se dévore de bout en bout, comme une enquête érudite et serrée, qui permet de mieux comprendre les paradoxes d’une époque et d’un milieu artistique.

Catherine Maire, dans De la cause de Dieu à la cause de la nation, le jansénisme au XVIIIe siècle (Gallimard, 1998), a démontré avec force comment, si l’on veut écrire l’histoire des idées au XVIIIe siècle,
à côté de l’Encyclopédie et des philosophes, il importe de faire place à un courant spirituel riche et plus secret, le jansénisme, que l’on avait cru asséché avec la destruction de Port Royal et qui traverse l’époque des Lumières comme une intrigante rivière souterraine. Restait à explorer le versant artistique de ce jansénisme tardif.  Grâce à Christine  Gouzi, à travers l’attachante et austère figure de Jean Restout, le voile se lève enfin. Monumentale étude, complétée par un remarquable catalogue des peintures, sa monographie laisse transparaître une telle compréhension intime de l’époque, une intelligence si parfaite de ce monde encore mal connu des historiens, qu’elle force l’admiration. L’articulation entre l’art du règne de Louis XIV et le néoclassicisme apparaît sous un nouveau jour. Travail pionnier, qui ne se borne pas à la redécouverte d’un grand peintre sous-estimé – ce qui est déjà beaucoup – cet ouvrage de référence ouvrira certainement la voie à de nouvelles interprétations de l’art français du XVIIIe siècle.

Christine Gouzi, Jean Restout, (1692-1768), peintre d’histoire à Paris, préface de Pierre Rosenberg et Antoine Schnapper, éd. Arthena, 504 p., 580 F, ISBN 2-903239-27-4.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°520 du 1 octobre 2000, avec le titre suivant : Jean Restout

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