Multimédia

Internet

Par Christophe Domino · L'ŒIL

Le 1 avril 1999

[http://www.panoplie.org]
Sur [http://www.panoplie.org] Panoplie, se présente comme « une revue tout public qui refuse les limites imposées par les technologies leur préférant le champ de l’imagination ». La mise en page en est plutôt simple, animée et sonore, imprévisible et demandant un peu de patience, car les boutons apparaissent à leur rythme et les animations, dépouillées et assez subtiles, vous prennent dans leur temps... vous prennent ou ne vous prennent pas. Le traitement graphique des animations est plutôt réussi mais leur lenteur, pour délibérée qu’elle soit, n’est pas toujours supportable. Le plaisir du créateur graphique ne suffit pas à donner vie à un site : il y faut du contenu, que l’on attend pour les numéros à venir.

[http://www.cyberworkers.com/Leonardo/]
Une toute autre affaire avec l’OLATS, l’Observatoire Leonardo des arts et des techno-sciences [http://www.cyberworkers.com/Leonardo/], site-revue doté d’une histoire bien différente puisque revendiquant les trente années d’expérience de la revue dont elle est une extension sœur et francophone. Sous le nom de Leonardo se trouve en effet un réseau de recherches et d’activités soutenu en particulier par le célèbre institut universitaire de Cambridge aux États-Unis, le Massachusetts Institute of Technology. Le MIT (prononcez émaïti) est bien connu pour abriter, entre autres, des recherches très pointues dans le domaine des arts, au travers d’un département aujourd’hui dirigé par l’artiste Krzyscztof Wodiczko. Takis y travaillait déjà, à la recherche du mouvement perpétuel, il y a une vingtaine d’années. L’OLATS propose informations, références et liens dans le champ de l’art et des technologies de pointe. On y trouve des trésors sur l’histoire des arts électroniques, mais aussi un espace d’échanges et de réflexions entre le monde de l’art et celui des sciences. Des sujets de recherches variés mais pointus s’y croisent, comme ces recherches spéculatives sur l’espace, dans la dimension scientifique et astrophysique aussi bien que dans la dimension artistique : il est vrai que les préoccupations des artistes de l’Earth-art sont souvent ouvertes sur des médiations mi-scientifiques, mi-oniriques, et que la fonction d’observatoire – de manière symbolique ou pratique – est au cœur de projets comme ceux de Robert Morris, James Turrell ou Charles Ross. On y parle et on y pratique aussi la littérature expérimentale et les formes poétiques nouvelles ; on s’y documente sur le Copy Art, création artistique à l’aide de photocopieurs... Des galeries virtuelles, dont celle où l’on trouve les travaux de Philippe Bootz, de Jacques Mandelbrojt ou de Michel Mendès France. Il y a là de quoi s’ouvrir à des horizons vraiment multimédia, avec une efficacité dans la consultation qui tient plus de la logique scientifique que de la recherche graphique... ce qui n’est pas toujours un mal !

[http://nunc.com]
Pour rester dans le domaine des relations entre arts et sciences, [http://nunc.com] propose aussi des liens et des renvois avec des groupes de travail très actifs et bien informés. Vous serez par exemple renvoyés sur la galerie électronique Art on the Edge : Artist’s index [http://www.ylem.org/artindex.html] où l’on rencontre des travaux d’acoustique écologique, qui permettent des promenades sonores, des travaux entre poésie, musique et image. On y trouve aussi des pages du groupe des Guerilla Girls, qui se livre à une relecture féministe de l’art et de l’histoire de l’art, sous le titre de MoMA (c’est-à-dire... Museum of Male Artists), ou en comptant les présences féminines dans telle histoire de l’art (2300 contre... 29). Des entrées par dizaines dans cette galerie virtuelle, qui correspondent à des ensembles monographiques comme les Erratum de Edouardo Kac, peinture électronique qui joue de la disparition de la lettre dans l’image « peinte », ou les Sculptures robotiques de Jim Pallas, ou des pages conçues comme des expositions. Ainsi de The Nature of Light qui propose des images relevant de pratiques photographiques alternatives, sans objectif ou sans appareil, sténopé ou photogrammes). Et si ici les recherches, au nom d’un appétit bien américain pour multiplier les expériences et  les sensations, s’ouvrent jusqu’aux limites du New Age ou sur les passionnés d’OVNI, il y a malgré tout là les marques de la puissance imaginaire de l’Internet, et de sa capacité à maintenir une part au moins de la réelle singularité des projets, aux confins de l’art et de territoires qui n’ont pas forcément de noms.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°505 du 1 avril 1999, avec le titre suivant : Internet

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