Vendredi 23 février 2018

Manuel

Didier Perrin, Dictionnaire des abréviations

Le jeu des lettres

Par Jean-Marie Schmitt · Le Journal des Arts

Le 16 février 2010

Des abréviations, des acronymes, des sigles… pas loin de 30 000 ont été référencés par un amateur d’art

Après la saison des beaux livres, place aux utilitaires. Parmi les derniers parus, le Dictionnaire des abréviations doit s’imposer comme la référence des bons professionnels et amateurs de novlangue. Son auteur, Didier Perrin, médecin et amateur d’art, de vieilles pierres et de jardins, a recensé près de 30 000 spécimens sur 583 pages. A priori la plus grande collection mondiale en mains privées connue à ce jour… Alors, comme pour le Bottin mondain ou le Who’s Who, il faut vérifier qui fait partie des heureux élus et peut donc fièrement exister au XXIe siècle.

SNA en bonne place, SFP absent
Le marché de l’art français y est diversement représenté. On y trouve en bonne place le SNA, le Syndicat national des antiquaires (p. 506, en compagnie de cinq concurrents, de l’Alliance nationale somalienne, probablement dans sa version anglaise, au Système nerveux autonome), et le SNCAO, le Syndicat national du commerce de l’antiquité, de l’occasion et des galeries d’art moderne et contemporain, sans concurrent, juste après le Système nerveux central et avant le SNCAPA… On y pioche aussi la SEMA (Société d’encouragement aux métiers d’art, p. 493), les CNE et CNES (compagnie et chambre d’experts), mais pas le SFEP (Syndicat français des experts professionnels en œuvres d’art et objets de collection) qu’on attendait après la SFE (Sydney Futures Exchange) et avant la Société française d’études des souterrains, ou au voisinage des Exptrib, experts près les tribunaux. On espérait encore du côté des « A », dans une catégorie « Appraisers », sans succès. Une omission peut-être justifiée par la profusion des « A » multiples, de l’Abri antiatomique (dépassé par le réchauffement climatique) aux Auteurs acteurs associés, en passant par l’Agricultural Adjustment Act pour finir, après le désormais sinistre AAA des agences de notation financière, par le ragaillardissant AAAAEP de l’Association amicale des amateurs d’andouillettes authentiques.

Les ventes aux enchères sont assez mal représentées. Sans doute la majesté ministérielle refroidit-elle les propensions « siglaires » (ou « siglantes » ou « sigliques »… disons « acromaniaques »). Drouot ne peut être siglé. Il faudrait placer Christie’s entre CHP (Carré hépatite parovirose) et CHRS (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale), et Sotheby’s entre SOS (Shilling de Somalie ou Save Our Souls) et Sovac (Société de vente à crédit). On n’a pas non plus trouvé le CVV (Conseil des ventes volontaires), mais sa place est prête entre divers CV…, le plus chic étant CVO (Commander of the Royal Victorian Order), et un CW (Air Marshall Islands, comme le sigle ne l’indique pas). On a compris que cet ouvrage « P » (pour perfectible, ce qu’avoue son auteur, Didier Perrin, qui se dit prêt à accueillir toutes les contributions) peut servir à beaucoup de choses, des CI (connexions improbables) aux PFR (parties de franche rigolade) sans compter, pour l’auteur, un possible succès d’édition mondial si les amateurs de Scrabble le désignent parmi leurs arbitres.

DIDIER PERRIN, DICTIONNAIRE DES ABRÉVIATIONS, éditions La Bruyère, Paris, 2009, 583 p., ISBN 978-2-7500-0513-9

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°319 du 19 février 2010, avec le titre suivant : Didier Perrin, <em>Dictionnaire des abréviations</em>

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