Samedi 15 décembre 2018

Costumes et parures du Maroc

L'ŒIL

Le 1 janvier 2004 - 356 mots

L’ouvrage que consacre Rachida Alaoui aux Costumes et Parures du Maroc se révèle un précieux auxiliaire pour tous ceux qui s’interrogent sur l’art, pour les deux sexes, de draper son haïk ou se passionnent pour les tchamir, seroual caftans et autres mansouriya. Le livre, illustré de gravures, de photographies anciennes et de reproductions (en pleine page ou en détail) de costumes et de textiles conservés dans les plus grands musées européens et marocains, est une mine iconographique et lexicale. Son propos, documenté et pédagogique, est de proposer les grandes lignes d’une histoire du costume citadin marocain, depuis le style arabo-andalou raffiné (documenté depuis le XIIe siècle) jusqu’aux créations des stylistes nés ou travaillant au Maroc, en passant par les Almoravides et les Almohades et par ces grandes figures de l’art et de la mode que sont Mariano Fortuny, Poiret, Jean Louis Scherrer et Yves Saint Laurent, dont on connaît l’amour pour le Maroc… L’auteur détaille les pièces du costume citadin masculin et féminin en insistant sur les spécificités des costumes propres aux grands centres d’influence que furent Fès, Meknès, Tétouan, Marrakech puis Casablanca. On y étudie successivement l’influence ottomane, via l’Algérie, qui apparaît dans les travaux de passementerie et les coiffes, puis l’influence européenne qui s’affirmera à partir du XVIIe siècle. Un chapitre est consacré au costume traditionnel de la mariée, un autre aux tissages, broderies, mais aussi aux bijoux et hzam (ceintures). L’auteur évoque encore les singularités du costume des juifs marocains, où l’on apprend que le noir domine dans l’habillement des hommes et que le costume des femmes ne se différencie guère de celui des musulmanes, sauf dans certaines circonstances solennelles (mariages, fêtes) qui nécessitent le port d’un costume traditionnel composé d’un corselet, d’un plastron, d’une haute ceinture, d’une coiffe… Plusieurs pages sont consacrées à la haute couture au Maroc, qui semble vivre un réel essor depuis le début des années 1990. Le témoignage des peintres est présent dans l’ouvrage, à travers les dessins et peintures de Delacroix et de Matisse. Un glossaire en fin d’ouvrage et une bibliographie fournie complètent l’ensemble.

Rachida Alaoui, Costumes et parures du Maroc, ACR, 2003, 340 p., 75 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°554 du 1 janvier 2004, avec le titre suivant : Costumes et parures du Maroc

Tous les articles dans Médias

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque