Dimanche 20 septembre 2020

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« Cimabue ou la course à l’attribution », par Fabien Simode sur TSF Jazz 

Par L'Œil · lejournaldesarts.fr

Le 31 octobre 2019 - 463 mots

SENLIS

Chaque jeudi, à 8 h 15 et 8 h 45, « Les Matins Jazz », l’émission de Laure Albernhe et Mathieu Beaudou, invitent L’Œil et Le Journal des Arts à parler d’art sur l’antenne de TSF Jazz. Le 31 octobre 2019, Fabien Simode, rédacteur en chef de L’Œil, revenait sur la vente d’un tableau de Cimabue redécouvert par hasard. 

Cimabue, <em>Le Christ moqué</em> (détail), 1280, 25,8 cm sur 20,3 cm, peinture à l'œuf et fond d'or sur panneau de peuplier
Cimabue, Le Christ moqué (détail), 1280, 25,8 cm sur 20,3 cm, peinture à l'œuf et fond d'or sur panneau de peuplier.
Photo Wikimedia

Chronique à réécouter ici dans son intégralité ou à lire ci-après :

Connaissez-vous le sport préféré des historiens de l’art ? Il s’agit de l’attribution, autrement dit de l’action d’attribuer ou non la paternité d’une œuvre à un artiste. Si ce sport est aussi ancien que l’histoire de l’art, il a pris ces dernières années une importance nouvelle en raison de l’emballement du marché de l’art. Une œuvre, même belle, d’un peintre anonyme se vend en effet moins bien qu’une œuvre comparable mais attribuée à tel ou tel artiste. Et lorsque cet artiste se trouve être l’un des génies de l’histoire de l’art, là, c’est le jackpot. Dimanche, une icône peinte sur un panneau de bois plus petit qu’un A4, a été adjugée, à Senlis, plus de 24 millions d’euros. Ce petit tableau représentant un christ moqué, avait été repéré par hasard à Compiègne lors de l’inventaire d’une maison. Or, l’expert qui l’a étudié l’a attribué à… Cimabue. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il représente le rêve de tout historien de l’art ! Cimabue, c’est le grand peintre du 13e siècle, l’un des pères de la Renaissance italienne, dont aucun tableau n’était jusqu’à présent passé en vente. Voilà donc comment une a priori banale icône, accrochés dans une cuisine, est devenue l’un des dix tableaux anciens les plus chers au monde. 

Et l’on n’ose pas imaginer sa valeur s’il avait été attribué à Rembrandt, Caravage ou Léonard de Vinci, la triade absolue, le graal pour tout historien de l’art ! Vous vous souvenez peut-être de la Judith et Holopherne estimée 120 millions d’euros parce qu’attribuée à Caravage, nous en avions parlé sur TSF Jazz ; ou encore du Salvator Mundi attribué cette fois à Léonard et vendu 450 millions de dollars. Voilà de quoi faire tourner la tête des experts qui, régulièrement, espèrent avoir retrouver, dans un grenier ou un château, l’œuvre perdue d’un génie. Cette semaine encore, la presse se fait l’écho d’un soi-disant portrait de Machiavel, retrouvé au château de Valençay, peint par Léonard de Vinci. Rien ne dit que l’artiste a peint ce tableau, ni que Léonard a un jour rencontré Machiavel, rien sauf un inventaire, non fiable, du XIXe siècle… Mais il n’en faut pas plus pour réveiller l’appétit des historiens et déclencher le buzz médiatique. Soyons honnêtes, les chances pour qu’il s’agisse d’un Léonard sont proche de zéro. Toutefois, l’espoir fait vivre, y compris les historiens de l’art. 

Fabien Simode

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