Brancusi, son voyage au bout de la nuit de la matière

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 20 décembre 2007 - 204 mots

On le savait un exégète éclairé de Matisse, voici qu’il se révèle un lumineux analyste de Brancusi. Rien d’étonnant à cela puisqu’il a choisi d’aborder l’œuvre du sculpteur dans sa relation à la photographie. L’ouvrage que Pierre Schneider, l’un des regards les plus avertis de l’art moderne, lui a consacré – Un moment donné. Brancusi et la photographie – est un pur joyau de réflexion et de plaisir esthétiques sur l’une des œuvres fondamentales de la modernité.
L’auteur réussit par ses mots à nous faire partager ce « voyage au bout de la nuit de la matière » qui permet à ­Brancusi, selon lui, de dégager « l’essence de l’objet ». Le regard qu’il porte sur ses photographies le conduit à appréhender la démarche du maître en deux temps.
Tout d’abord, dans ce que celles-ci offrent à voir de l’atelier perçu comme la scène d’un théâtre dont les œuvres du sculpteur sont les acteurs ; ensuite, dans ce qu’elles permettent à Brancusi de satisfaire son « désir croissant d’élévation » en créant des images quasi immatérielles qui débouchent sur l’infini. Un ouvrage passionnant dont la qualité des reproductions est parfaite.

Pierre Schneider, Un moment donné. Brancusi et la photographie, Hazan, 144 p., 80 ill., 35”‰€.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°598 du 1 janvier 2008, avec le titre suivant : Brancusi, son voyage au bout de la nuit de la matière

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