Mercredi 11 décembre 2019

Alberto Giacometti

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 26 mars 2018 - 239 mots

Pour réussir une bonne biographie, mélangez autant de vie que de récit. Côté vie, le texte de Catherine Grenier sur Giacometti est remarquable.

Il faut dire que l’historienne de l’art, ancienne directrice adjointe du Mnam et actuelle directrice de la Fondation Giacometti, maîtrise parfaitement son sujet. Résultat d’un travail de recherche considérable, Alberto Giacometti replace la psychologie complexe du personnage dans l’aventure esthétique de son temps, de son arrivée à Paris en 1922 à son décès en 1966. Les liaisons amoureuses contrariées de cet artiste au « caractère entier et catégorique […], peu apte aux compromis », suivent le fil chronologique de la grande Histoire, ses enjeux (le surréalisme, l’abstraction…) et ses héros (Breton, les Noailles…). Le lecteur y croise les personnages clés de la vie et de l’œuvre d’Alberto, son frère Diego, bien sûr, le décorateur Frank, l’ami Derain, l'épouse Annette et d’autres, pas connus mais tout autant décisifs, à l’instar de M. Van Meurs, « premier face-à-face » avec la mort. Cet Alberto Giacometti s’impose donc comme la biographie de référence sur le génial créateur de L’homme qui marche, balayant une fois pour toute l'exégèse, controversée et déjà ancienne, de James Lord. Malheureusement, si la vie est là, le récit est quant à lui desservi par une écriture souvent sèche et froide. Un peu plus du sel de la littérature aurait sans aucun doute relevé ce Giacometti-là, sans cela exemplaire.

Catherine Grenier,   Alberto Giacometti, Flammarion, Grandes biographies, 384 p., 25 €

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°711 du 1 avril 2018, avec le titre suivant : Alberto Giacometti

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