Dimanche 25 février 2018

Matali Crasset, l’expérience du contemporain

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 6 novembre 2007

Entrer dans la maison-atelier de Matali Crasset à Belleville, c’est déjà vivre une expérience contemporaine. De couleur orange vif ou vert pomme, les murs sont recouverts par de grandes étagères en mélaminé où des bassines en plastique servent de rangement. Dans la grande cuisine, qui tient lieu de séjour, Matali reçoit autour d’une table dont les plateaux amovibles peuvent se transformer en étagères. « J’aime les espaces et les objets modulables, ceux qui fluidifient le passage d’une fonction à l’autre sans nous enfermer dans des structures figées », explique cette diplômée des Ateliers-l’ENSCI qui, après avoir travaillé cinq ans avec Starck chez Thomson, a pris son envol en 1998 pour devenir l’une des plus grandes designers françaises. Simplicité, fluidité et hospitalité sont quelques-uns de ses principes, que l’on retrouve notamment dans son objet emblématique, Quand Jim monte à Paris (1995), une « colonne d’hospitalité » qui se déroule au sol pour se transformer en lit. « On accorde trop d’importance au statut que donnent les objets, au détriment du bien-vivre. Ces notions nous empêchent d’évoluer et d’innover. » Au gré des rencontres et des sollicitations, Matali travaille sur des projets de plus en plus divers et ambitieux, comme la rénovation d’un palazzo du XVIIe siècle à Padoue, ou encore l’architecture intérieure de l’hôtel Hi à Nice (2003). Récemment mise à l’honneur au mu.dac de Lausanne, au Victoria & Albert de Londres et au Grand Hornu dans une exposition rétrospective de son travail, cette femme de trente-huit ans, fille d’agriculteur et mère de deux enfants, enchaîne de nouveaux projets tous les trois mois sans jamais perdre son calme ni sa douceur. On la retrouve notamment à l’espace Paul Ricard du 15 janvier au
13 février pour le projet « fab. » réalisé pour la galerie Gandy de Prague, ainsi que sur le site www.46664.com où elle présente son tout dernier projet : la réalisation d’un mini-film pour la lutte contre le Sida pour la fondation Mandela. Un nouveau domaine de prédilection ?

www.matalicrasset.com Quand Jim monte à Paris est édité par Domeau & Pérès, www.domeauperes.com ; la table tray & shelves est éditée par Top Mouton, tél. 00 32 (0)57 30 02 88. Pour découvrir le projet « fab. » : www.gandy-gallery.com ; www.hi-hotel.net

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°554 du 1 janvier 2004, avec le titre suivant : Matali Crasset, l’expérience du contemporain

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