Marina Abramovic fait appel aux réalisateurs Roman Polanski, Iñarritu et Lars von Trier pour sa prochaine œuvre

Par Cléo Garcia · lejournaldesarts.fr

Le 9 décembre 2014 - 513 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS) [09.12.14] – Marina Abramovic veut incarner Maria Callas dans un film intitulé Seven Deaths qui sera réalisé par sept réalisateurs dont certains sont mondialement connus.

Quel est le point commun entre les personnages de Violetta dans La Traviata de Giuseppe Verdi, ceux de Cio-Cio San et Floria Tosca dans Madame Butterfly de Giacomo Puccini et la Carmen dans l’opéra éponyme de Georges Bizet? Toutes succombent peu avant le rideau de fin. Mais encore ? Elles furent toutes incarnées par la cantatrice grecque Maria Callas. Ce n’est pas tout : bientôt, ces quatre héroïnes d’opéras célébrissimes ainsi que trois autres seront réunies dans la prochaine œuvre de l’artiste serbe Marina Abramovic, qui a annoncé vouloir rejouer les scènes de mort de sept personnages interprétés par la Divina dans un film intitulé Seven Deaths.

Pour ce projet qui l’occupe depuis 25 ans, elle n’a pas hésité à faire appel aux plus grands cinéastes : le réalisateur franco-polonais Roman Polanski (Rosemary’s Baby, Le Bal des vampires, Le Pianiste) et le réalisateur Mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu (Amours chiennes, 21 grammes, Babel) ont accepté la collaboration. Le Danois Lars von Trier (Melancholia, Antichrist, Dancer in the Dark), lui aussi sollicité par l’artiste, a cependant décliné l’offre à cause d’une « contrainte d’emploi du temps ». Deux autres réalisateurs, les Italiens Marco Brambilla et Giada Colangrande, qui a déjà travaillé avec l’artiste serbe dans les films Bob Wilson’s Life & Death of Marina Abramovic et The Abramovic Method ont eux aussi confirmé leur participation au projet.

Chaque réalisateur dirigera le tournage, qui aura lieu pendant l’été 2015, d’une des sept séquences du film mettant en scène la mise en abyme de Marina Abramovic interprétant Maria Callas jouant la mort de Violetta, de Carmen, de Cio-Cio San, de Floria Tosca et d’autres rôles que l’artiste n’a pas encore dévoilés. Celle-ci n’a pas non plus précisé s’il s’agira d’un film-performance qui sera montré dans des expositions ou d’un opus destiné à être projeté en salles, mais elle a fait part de son intention de produire un making-of documentaire de ce film, comportant des interviews des réalisateurs et un récit biographique sur la cantatrice.

Abramovic voit en la cantatrice gréco-américaine une « muse ». « Je suis obsédée par l’idée incroyablement romantique de mourir par amour […]. C’est mon histoire, mais cela est complètement lié à Callas et à ma folie absolue pour elle. Elle est morte d’une peine de cœur », confie-t-elle à The Art Newspaper. Abramovic fait référence au décès prématuré de la Callas en 1977, probablement causé par une surdose médicamenteuse ayant provoqué une embolie pulmonaire. Sa mort, survenue à 53 ans, est souvent associée à sa liaison tumultueuse avec l’armateur grec Aristote Onassis et la mort de celui-ci en 1975 qui l’aurait selon le mythe poussée vers une fin tragique évoquant celles des héroïnes de Puccini, de Verdi, de Bellini et de Rossini qu’elle incarna au cours de sa carrière.

Marina Abramovic est considérée comme une star de la performance artistique. Ses performances abordent souvent la thématique d’un corps mis à l’épreuve par la douleur.

Légende photo

Marina Abramovic - © Photo Manfred Werner / Tsui - 2012 - Licence CC BY-SA 3.0

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