Dimanche 17 novembre 2019

Ventes publiques

Art impressionniste et moderne

Ventes de New York : chronique de records annoncés

Servis par quelques pièces exceptionnelles, Christie’s et Sotheby’s espèrent réaliser entre 544 et 788 millions de dollars, soit près de 50 % de plus qu’en 2012

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 29 octobre 2013 - 836 mots

Fortes de plusieurs records historique à New York depuis un an, Christie’s et Sotheby’s n’ont jamais visé aussi haut pour leurs grandes ventes de novembre. À elles deux, les maisons de ventes organisent des vacations estimées à partir de 544 millions de dollars pour l’art impressionniste et moderne et 580 millions pour l’art contemporain.

NEW YORK - Christie’s rassemble le haut du pavé et s’offre deux ventes du soir, grâce à la dispersion d’une partie de la collection Jan Krugier, marchand d’art genevois disparu en 2008. Adrien Meyer, directeur international du département impressionniste et moderne à New York prévoit « une attention du marché international, comme on a peut-être rarement l’occasion de le voir grâce à cette collection, fer de lance de toute la saison new-yorkaise, mais aussi du fait de la qualité et la fraîcheur des œuvres présentées ». La vente du 4 novembre au soir rassemble entre autres 38 lots impressionnistes et modernes, pour une estimation de 138,5 à 196,3 millions de dollars.

L’une des pépites, jamais apparue sur le marché, est une Tête (Maquette pour la sculpture en plein air du Chicago Civic Center) de Pablo Picasso, acquise directement auprès de Marina Picasso (est. 25 à 35 millions de dollars). Cette sculpture, chef-d’œuvre du genre, n’est en réalité pas une œuvre préparatoire car elle existait avant la commande de Chicago. L’autre bijou de la vacation est une pièce maîtresse, car transitoire dans l’œuvre de Kandinsky, Herbstlandschaft (1911), estimée 20 à 25 millions de dollars, très illustratrice de ses recherches de libération de la forme, les couleurs prenant le pas sur le dessin.

À la vente du soir du 5 novembre, 46 lots sont proposés pour une estimation de 188 à 277 millions de dollars. En vedette, « le plus beau tableau d’Alberto Giacometti, probablement le plus connu de lui », lance Adrien Meyer : Diego en chemise écossaise, 1954. Jamais passé en vente, il pourrait créer la surprise et battre un record. Estimé 30 à 50 millions de dollars, soit le double du record précédent pour une œuvre peinte de l’artiste, Portrait de Caroline, adjugé 15,5 millions de dollars (valeur réactualisée) en mai 2008 par Sotheby’s New York, il est garanti par la maison de ventes. Parmi les autres joyaux de la vacation se trouve Monsieur Baranowski d’Amedeo Modigliani, un portrait fort et ténébreux (est. 25 à 35 millions de dollars) adjugé 9,4 millions de dollars (valeur réactualisée) chez Sotheby’s en 1998 ; Le Peintre et son modèle dans un paysage, un tableau tardif de 1963 de Picasso, estimé 25 à 35 millions de dollars, dans lequel la sérénité de l’artiste contrastent avec l’agitation apparente du modèle ; et Guitare sur une table de Juan Gris, l’un de ses motifs de prédilection (est. 10 à 15 millions de dollars).

Rendez-vous des stars du marché
Sotheby’s, même si elle n’a pu capter une collection aussi prestigieuse que sa rivale, réunit 18 tableaux impressionnistes issus de la collection Zieseniss, dont le tableau-phare est Étretat : les falaises de Gustave Courbet (est. 2 à 3 millions de dollars), « une œuvre d’une extrême modernité. Un tableau de Courbet dans une vente d’art impressionniste et moderne, c’est inédit », commente Thomas Bompard, chef du département impressionniste et moderne de Sotheby’s France. Mais selon le spécialiste, la vente devrait rester dans les annales grâce au groupe « futur », provenant de la collection Alain Tarica, placée en début de vente et comprenant les œuvres de Balla, Man Ray, Picabia et Gris : « c’est le groupe que les amateurs cultivés attendent depuis 20 ou 30 ans et qui va écrire les nouvelles pages du marché de l’art ! ». Une autre œuvre devrait susciter de nombreuses enchères : Glaçons, effet blanc, de Monet, (est. 9 à 14 millions de dollars) issue d’une série.

Cette vacation propose aussi, comme la veille, les mêmes stars du marché, dont Grande tête de Diego en bronze d’Alberto Giacometti (1954), estimée 35 à 50 millions de dollars. « Irrésistible. Son seul défaut est que sa petite sœur est passée en vente en 2010 chez Christie’s (53 millions de dollars) », commente Thomas Bompard. L’autre pépite est Tête de femme, peint par Picasso en mars 1935 (est. 20 à 30 millions de dollars). Mais là encore, le marché risque d’être moins surpris car en cinq ans, six portraits de la compagne de l’artiste, Marie-Thérèse Walter, dépassant les 20 millions de dollars, ont été vendus. Surprises ou valeurs sûres, qui l’emportera ?

Un dialogue à travers l’art : œuvres de la collection Jan Krugier
Le 4 novembre, 19h.
Art impressionniste et moderne (vente du soir)
Le 5 novembre, 19 heures, Christie’s, 20 Rockefeller Plaza, New York, NY 10020 ; tél 01 40 76 85 88, www.christies.com
Estimation : 327 à 474 millions de dollars.
Nombre de lots : 84

Art impressionniste et moderne (vente du soir)
Le 6 novembre, 19h
Sotheby’s, 1334 York Avenue, New York. tél.01 53 05 53 05, www.sothebys.com
Estimation : 217 à 314 millions de dollars
Nombre de lots : 65

Légende photo

La statue de la Liberté - New York - © Photo Eric Frisch - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°400 du 1 novembre 2013, avec le titre suivant : Ventes de New York : chronique de records annoncés

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