Mercredi 12 décembre 2018

Partenariat

Une galerie Obadia au Centre Pompidou

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 1 septembre 2015 - 490 mots

L’exposition Valérie Belin à Beaubourg puise largement dans le fonds de la galerie Obadia.

PARIS - « C’est la première fois que le Centre Pompidou consacre une exposition à l’œuvre de Valérie Belin », rappelle Clément Chéroux cosignataire de l’exposition avec l’artiste. Organisés autour de sa série inédite « Super Models », ses portraits interrogent la représentation, le stéréotype et l’ambivalence depuis « Mannequins » (2003). Mais, sur un autre registre, elle pose aussi la question des liaisons entre galerie et institution au regard du nombre de pièces issues de la galerie Nathalie Obadia, 22 sur 29, soit près de 80 % des prêts. « L’exposition bénéficie du soutien de la galerie Nathalie Obadia », peut-on lire à l’entrée du cabinet d’Art graphique. Certes l’implication d’un galeriste dans une exposition d’un de ses artistes organisée par un musée n’a rien d’anormal de nos jours. Ainsi au niveau -1 du Centre Pompidou, où se tient actuellement l’exposition sur Anna et Bernhard Blume, on peut lire sur les cartels que les pièces rassemblées par Clément Chéroux et Andreas Fischer, l’ont été avec le soutien de la galerie Françoise Paviot (sans que d’ailleurs un remerciement spécifique ne soit mentionné). Mais pour en revenir à l’exposition Belin, vingt-deux clichés sur vingt-neuf venant de la même galerie, c’est beaucoup.

Plus simple et moins coûteux
« Nous avons privilégié la galerie Nathalie Obadia pour des raisons pratiques et budgétaires », répond Clément Chéroux. Et le chef du Cabinet de la photographie du Mnam-Centre Pompidou de préciser : « Il n’y a aucune pensée marchande. Il se trouve que les œuvres de Valérie Belin comme pour nombre d’artistes contemporains existent en plusieurs exemplaires. Nous avons cherché les pièces les plus faciles à obtenir. Nous aurions pu faire l’exposition avec trente prêteurs différents, mais elle aurait coûté trente fois plus cher. Cela fait longtemps que je suis le travail de Valérie Belin. Cette exposition est une vraie envie de ma part autant que de Bernard Blistène, qui a déjà exposé Valérie Belin dans d’autres occasions. L’enjeu est de montrer le travail d’une artiste française en milieu de carrière et qui compte aujourd’hui parmi les plus importantes ».

« Les pièces qui proviennent de notre showroom correspondent au choix de Clément Chéroux et de Valérie Belin », justifie de son côté Nathalie Obadia. « Ce sont les deux commissaires qui ont décidé que pour l’exposition au Centre Pompidou, il devait y avoir une série nouvelle, série que Valérie avait déjà à l’esprit depuis un an. Nous n’avons pas interféré », relève la galeriste qui la représente depuis septembre 2013. Très prisée par les collectionneurs et régulièrement exposée dans les foires d’Art Basel à Paris Photo, l’artiste fait d’ailleurs une nouvelle fois mouche avec sa dernière création : quatre œuvres de « Super Models » ont d’ores et déjà été vendues pour la somme 28 000 euros. La visibilité donnée par l’exposition à cette série devrait conforter la cote de l’artiste.

Légende photo

Vue de l'exposition de Valérie Belin au Centre Pompidou, Paris. © Photo : Centre Pompidou/Hervé Véronèse.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°440 du 4 septembre 2015, avec le titre suivant : Une galerie Obadia au Centre Pompidou

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque