Vendredi 6 décembre 2019

Tableaux anciens

Un salon prometteur

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 18 octobre 2011 - 500 mots

Pour sa première édition au Palais de la Bourse, le salon « Paris Tableau » ambitionne de redonner des couleurs au marché de la peinture ancienne.

PARIS - Qui a dit qu’il était ringard de collectionner des tableaux anciens ? Certainement pas Jeff Koons. Grand amateur de peinture ancienne, l’artiste possède une fantastique collection personnelle d’œuvres de maître. Il prête trois toiles majeures à l’occasion du lancement du salon « Paris Tableau », dédié à la peinture du Moyen Âge au Second Empire. Créée à l’initiative de dix marchands de tableaux parisiens, cette nouvelle manifestation se tiendra au Palais de la Bourse à Paris, du 4 au 8 novembre. Les trois toiles de Koons feront l’objet d’une exposition centrale. Les morceaux choisis par les organisateurs l’ont été sur le thème de l’érotisme, également très présent dans l’œuvre de Koons. Il s’agit de Jeune fille aux petits chiens (vers 1770) de Jean-Honoré Fragonard ; Femme nue (1865-1866) de Gustave Courbet ; et d’un superbe tableau de Nicolas Poussin figurant Jupiter et Antiope ou Vénus et Satyre, dont l’extrême sensualité surprend chez le peintre d’histoire. Ces trois peintres des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles sont relativement accessibles au regard des prix des œuvres des artistes les plus cotés de l’art contemporain, parmi lesquels Koons.

Avec Koons, c’est une formidable campagne de publicité que s’offre le salon pour son démarrage. À l’heure où l’art contemporain domine la scène médiatique à coups de prix records en ventes publiques, « le message fort que nous voulons faire passer est qu’historiquement, l’art ancien et contemporain ont toujours vécu ensemble pacifiquement », explique le marchand parisien Maurizio Canesso, président du salon. Ce dernier rappelle que, contrairement à l’art contemporain qui reste spéculatif, « le marché de la peinture ancienne est stable ».

Jeff Koons peut-il devenir pour autant prescripteur de tendance pour l’art ancien ? « L’offre n’est pas aussi pléthorique que pour l’art contemporain », souligne Maurizio Canesso, qui invoque l’étroitesse de ce marché comme frein à son développement. D’ailleurs le salon intimiste ne compte pas plus de vingt participants : les dix Parisiens fondateurs (les galeries Aaron, Canesso, Coatalem, Habold, Heim, De Jonckheere, Leegenhoek, Sarti, Talabardon & Gautier et Vittet) et dix galeries étrangères dont Caylus (Madrid), Noortman (Amsterdam) et Adam Williams Fine Art & Åmells (New York).

Le soutien des musées
En partie calqué sur la formule à succès du Salon du dessin (même lieu d’exposition, durée courte de cinq jours), le salon Paris Tableau bénéficie dès son lancement du soutien des institutions muséales. Ira-t-il vider la Biennale des antiquaires de Paris de ses peintures, déjà peu nombreuses sur les cimaises des stands ? « Nous ne sommes pas des concurrents de la Biennale. Le concept est différent. La clientèle aussi », réplique Maurizio Canesso.

PARIS TABLEAU, LE SALON INTERNATIONAL DE LA PEINTURE ANCIENNE

Organisation : SAS Dix marchands de tableaux anciens à Paris
Nombre d’exposants : 20
Nombre de galeries françaises/étrangères : 10/10

Du 4 au 8 novembre 12h-20h (nocturne : le 7 novembre jusqu’à 22h), Palais de la Bourse, place de la Bourse, 75002 Paris, www.paristableau.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°355 du 21 octobre 2011, avec le titre suivant : Un salon prometteur

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